L'eau des Vian
Ici
commence "La Hague", site remarquable et protégé au titre de la loi
du 2 mai 1930 relative à la protection des monuments et sites
naturels.
Le
Hubiland, petit ruisseau, prend sa source dans le "Haut des sues",
découpe le paysage par une profonde vallée boisée,
traverse le petit village de Landemer avant de terminer sa course
dans la Manche.
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Ce
petit village typique est remarquable
a plus d'un titre.
C'est
un lieu calme et plaisant
où les résidences rivalisent de styles et
d'originalité.
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Aux
alentours de 1880, des Alsaciens ont choisi de venir
s'y installer plutôt que de rester sous le joug de Guillaume
II.
C'est
le cas d'Eugène Zimmermann de Colmar, brillant officier de
l'infanterie de marine
qui fait construire la villa "L'Alsace" que bientôt jouxte "La
Lorraine".
Il
sert en Asie. Grâce à ce militaire, le souvenir de la Cochinchine
est toujours
présent à l'Alsace avec ses deux éléphants d'Asie.
Le jardin, emporté depuis par les eaux,
était
dessiné à la chinoise avec bassins et bambous.

C'est
également dans ce village que résida Eulalia de Bourbon, infante
d'Espagne et fille d"Elisabeth II, dans une remarquable
résidence.
La Mailleraie, c'est ainsi que s'appelle ce
magnifique havre de paix, construit pendant la première guerre par
le comte
Le Jamtel pour y accueillir ses amours
clandestines.
Mais
le plus célèbre visiteur est sans nul doute Boris
Vian!
Ses
grands-parents maternels, les Ravenez, ont construit trois chalets
au début
du siècle, en bois de Norvège, peints en vert à l'extérieur,toits
de tuile.
Les
Vian séjournent dans le chalet du haut. Le balcon tout autour donne
sur la mer.
Les deux autres chalets sont occupés par des amis.
Dans
les années 20 et 30, il venait y passer ses vacances avec sa
famille.
Sous
les rochers, à l'embouchure du Hubiland, la plage de Landemer
n'appartient qu'à
Boris, Alain, Ninon et Lélio.
Il
reproduit dans L'arrache-coeur (publié en 1953) le décor de
Landemer.
L'hôtel
Millet, construit par le frère de Jean-François Millet, devenu
restaurant, existe toujours. Mais les trois
chalets ont été détruits pendant la guerre pour permettre la
construction du Mur de l'Atlantique.
Il ne
reste
plus de sa maison que des ruines et l' escalier qui y
menait.
Après
la destruction des chalets par les
allemands, Boris ne revient pas à Landemer de sitôt.
"Landemer,
ça s'appelait. Dix-sept habitants. On
avait des petites baraques là-bas. [...]
Un
chouette
merveilleux pays.[...]
Jamais
encore
j'ai osé y retourner", écrit-il dans son journal intime.
"J'ai les foies, ils ont tout rasé,
moi je vais chialer comme un môme."