Une écluse à
l'ancienne
En France, il y a 1865écluses en
service.
Elles sont automatiques pour la plupart,
mais on peut considérer qu'un tiers d'entre elles sont encore
manuelles.
Après la grande
guerre, le travail d'éclusier était en principe réservé aux mutilés
de guerres et aux veuves de militaires.
Ils touchaient une trés faible
rémunération, à peine le quart du salaire d’un " cantonnier "
titulaire. Certains avaient un " poste double " : 2 écluses ou 1
écluse et un ouvrage d’alimentation.
Bien sur ces postes donnaient lieu à une
rémunération double. En contre partie ils avaient le logement
gratuit et souvent le bois pour se chauffer. Le service était
continu, même le dimanche.De 6h30
à 19h30 l’été (13h par jour). A midi il fallait manger à la
va-vite, entre deux bateaux.
Ils avaient une journée de repos par
semaine, et ce jour la un remplaçant venait passer la journée dans
la cabane en tôle installée prés de l’écluse.
Beaucoup d'écluses
n'avaient pas l’électricité et l’eau, c’était le
puits dans la cour. Pas de sanitaire, un poêle à bois pour tout
chauffer. Toutes les écluses avaient un jardin et souvent un petit
bout de terrain avec quelques arbres fruitiers, sur lequel on
élevait une basse cour ou des moutons.
La vente aux mariniers des produits de
ce petit terroir permettait d’arrondir les fins de mois.
Certaines écluses servaient de " poste restante " pour les
bateaux.
Ces gens étaient fiers de " leur écluse
". Les terre-pleins étaient bien entretenus et même fleuris. Ils
les agrémentaient d’hélices (cassées et offertes par un
marinier), ou d’ancres si ce n’est un vieux bachot. La
vie était dure. Souvent loin des villages, les enfants faisaient
plusieurs kilomètres, à pied, pour aller à
l’école.
Par tous les temps il fallait tourner
les manivelles, seul le gel arrêtait la navigation. Mais alors il
fallait casser la glace prés des portes, et quand le brise glace
était passé, pousser les blocs de glace avec la gaffe, dégager les
portes, ci ce n’est faire un éclusée pour évacuer les blocs
piégés dans le sas.
Ils (elles) aimaient leur métier et
avaient le sentiment profond d’être un maillon indispensable
du " transport fluvial ". On était souvent éclusier(e) de
génération en génération.
Aujourd'hui les
éclusiers sont des " agents de travaux ", recrutés sur concours et
rémunérés comme tout fonctionnaire.
Ils font les 35 h et accompagnent les
bateaux en cyclomoteur ou en voiture, sur des secteurs de plus de
20 km parfois.
Entre deux passages de bateaux les éclusiers doivent entretenir les
vannes, les crémaillères et les abords de l'écluse.
Soyez
discret et bonne chance a tous