Dans
la série Osez Nîmes,
cette cache est mon petit coup de
cœur !
Car, il est très difficile de poser une cache dans ce
périmètre
et pour cause,
les lycéens squattent
le quartier et
le trafic routier est dense.Il s’agit du petit Champs Elysée nîmois,le boulevard Jean-Jaurès long de 1 900 mètres.
La cache se situe entre ce fameux taureau et la
pyramide honorant les martyrs de la Résistance, ouvrage signé par
le sculpteur gardois Lallement.
Sur la
cache : MERCI DE RESTEZ
DISCRET !
Voici
l’histoire de ce taureau Nîmois :
En 1937, l’ancien palais des Trocadéro, édifié
lors de l’exposition de 1878 par l’architecte Gabriel
Davioud,
doit laisser la place à l’actuel palais de Chaillot
qui fait face à la Tour Eiffel, en prévision de
l’exposition internationale des arts et techniques
de Paris de cette année là.
Avec
ses bouleversements dus à ces travaux, il est prévu
l’enlèvement de quatre
statues représentant des animaux,
dont l’une d’elle est un
bovin. Pour l’histoire les trois autres sont
conservées au musée d’Orsay, à
Paris.
C’est alors qu’intervient
le tenace Député Maire
de Nîmes : Hubert Rouger et
son ami Raymond Laurent,
autre nîmois de souche. Ce dernier est le Président du conseil municipal de
Paris,ce qui équivaut, à
l’époque, à la fonction
de maire de la capitale.
Le Maire obtient sa statue,elle descend dans la capitale gardoise et elle est
exhibée dans de nombreux quartier nîmois. Mais elle fait sourire
les nîmois, car il ne s’agit pas du tout d’un
taureau, mais d’un
bœuf de labour !
De plus, aux pattes de cet animal est visible
le soc
d’une charrue et une
gerbée de blé. Et pour cacher
ces attributs,
il est alors
décidé de positionner la bête sur
une colonne haute de 9
mètres ;l’illusion sera parfaite !
Inauguré sous la houlette de Monsieur Rouger,
le samedi 15 mai 1937, sous un soleil radieux,
il n’emploiera jamais le mot ‘taureau’ lors de la cérémonie.
Il s’agit bien de bœuf, d’un biou,comme le signale le fébrile Guillaume Laforêt dans son poème
graver sur
la colonne Sud :
‘Un
simbeu, soit un taureau castré servant
à manœuvrer une manade’
Il
est d’ailleurs à noter que le poète finit son éloge
par le mot ‘fécoundita’, ce qui est une faute de
mauvais goûtpour
l’honneur d’un bœuf.
Autre
point au sujet de ce faux taureau et selon
une tradition orale
nîmoise.
Lors de la guerre, les Allemands, en voyant
cette statue perchée se sont frottées les mains.
En effet, sa couleur de vieux
bronze ne laisse pas de
doute.
Ils construisent un échafaudage pour la découper sur place
et récupérer les morceaux, mais déception, ce n’est que
de la fonte de fer,
recouverte d’une
patine trompeuse.
Et
dernier point, extrait de :
Le saviez-vous ? De François
Cavanna :
« La vache
n’est pas la femelle du bœuf.
La vache est la femelle du taureau.
La femelle du bœuf, c’est la
charrue. »
Bonne chasse
et merci d’être soigneux avec cette boite particulière et
restez très discret…
Gontran.