L'Église

D’où que vienne le
voyageur, il aperçoit de loin la masse imposante de l’église.
Trapue, elle semble avoir épousé la silhouette des collines
granitiques. Sur l’emplacement d’un édifice roman dont
on n’a conservé aucune trace, la construction gothique date
du XVe siècle. De l’architecture primitive, seule la façade
est encore debout, la nef datant du XIXe. Le portail, monument
classé, présente un ensemble très harmonieux. Les trois voussures
encadrant la porte sont surmontées de la statue de St Pierre,
reconnaissable au livre qu’il porte dans la main droite et
aux clés dans la main gauche. Il est abrité d’un dais de
pierre très ajouré. Sur les à-plats encadrant le portail, on
observe plusieurs blasons en damier qui représentent les armes de
la famille de Parthenay-L’Archevêque dont on peut penser
qu’elle fut un des bienfaiteurs. Au second niveau
s’ouvre un vitrail de style flamboyant, très élégant.
Couronnant le tout, en saillie, apparaît un ouvrage défensif , un
double moucharabieh, sorte de mâchicoulis, qui pouvait servir à
repousser d’éventuels assaillants. Il faut dire que la
construction est juste postérieure au départ des occupants anglais,
dont on avait tout lieu de craindre le retour. Fort heureusement,
ce reste de fortification n’a jamais servi. La partie
primitive est très visible de l’intérieur : avec un solide
pilier, des voûtes classiques pour l’époque et le départ des
arcs d’une dissymétrie surprenante. Dans le baptistère un
beau Christ date du XVIIe siècle. La nef d’origine, double,
s’étant écroulée elle fut remplacée dans les années 1880 par
une nef unique. De grandes proportions (plus de douze mètres de
largeur) elle étonne par sa majesté et sa clarté. Le vitrail
illuminant le chœur retrace comme il se doit les grandes pages
de la vie du premier apôtre. A mi-hauteur on lit, de gauche à
droite, l’appel du Christ «Tu vocaberis Cephas», la remise
des clés, et la rencontre sur le chemin de croix. En bas à gauche,
la pêche miraculeuse ; à droite Pierre libéré de ses geôliers. Au
centre une reproduction de la nef de l’église dominée par
l’apôtre tenant l’instrument de son supplice et, à
genoux, le prêtre cheville ouvrière de la reconstruction,
l’abbé Gandouin.
- Des reliques
populaires : St Valentin
Si le grand vitrail est un des
trésors de l’église, une châsse, malgré ses dimensions
modestes, est très visitée, et pour cause : elle renferme les
reliques de St Valentin. Celui-ci, prêtre romain, vivait au
IIIe siècle. Il avait eu le mérite de rendre la vue à la fille
d’un centurion, laquelle avait trouvé grâce auprès d’un
jeune patricien. Valentin, mort martyr en 278, fut considéré très
rapidement comme le saint patron des amoureux. Et l’Eglise
prit soin de remplacer par sa fête, le 14 février, une autre fête,
païenne celle-là. Tout naturellement, de par le miracle qu’il
avait opéré, et sa fête coïncidant avec les premières amours des
oiseaux, le saint devint très populaire. Popularité qui ne
s’est jamais démentie, bien au contraire. Mais pourquoi donc
ces reliques sont-elles à St-Pierre-du-Chemin ??? Tout simplement
parce qu’un prêtre natif de la paroisse, l’abbé
Bernier, était allé faire ses études à Rome vers le milieu du XIXe
siècle. Et, pour remercier le curé de la paroisse, il ne trouva
rien de plus flatteur que de lui envoyer les reliques de St
Valentin, en 1848. Ces reliques sont authentifiées par un
certificat du Cardinal Patrizzi, certificat gardé précieusement
dans les archives paroissiales. De là à dire que St-Pierre-du-Chemin est la
capitale des amoureux…