|
N 50°34.782, E 4°04.210, le 1 juin 670
Comme tu
t’en souviens sans doute, mon cher ami, il y a 14 ans déjà,
mon épouse Waudru et moi-même, que l’on nommait alors encore
Madelgaire, décidâmes d'un commun accord de quitter le monde, nos
trois enfants et les fastes de nos fonctions d'administrateurs du
pagus du Hainaut, pour confier nos âmes à la vie monastique qui
seyait mieux à nos idéaux.
La foi seule pouvait désormais
guider nos pas et nos destinées.
Depuis ce
jour, je partage le quotidien de mes frères à l’abbaye de
Haumont, où j’ai pris le nom de Vincent, en raison de mes
victoires sur moi-même.
Comme Waudru, devenue première
abbesse à Mons, je finirai donc mes jours dans la joie, au service
de Dieu plutôt qu’à celui de rois cruels et
querelleurs.
Las ! mon ami, cette missive je
te l’écris emprunt d’une infinie tristesse, car mon
maître et ami Aubert, qui m’a guidé dans les pas du Seigneur,
vient d’être appelé à ses côtés, où, j’en suis certain,
il sera accueilli dans toute la gloire réservée aux plus justes
d’entre nous.
Xénophobie, intolérance, appât
du gain et des honneurs, violence et malheur sont devenus le lot
imposé par les puissants au pauvre peuple Franc de Neustrie et
d’Austrasie. Il est donc d’autant plus important que la
peine d’avoir perdu mon maître me pousse à mon tour à guider
les autres. Je m’en suis donc allé, ce jour, et ai quitté
Haumont pour fonder une nouvelle abbaye en l’endroit que je
t’ai indiqué plus haut, et qui un jour prendra le nom de
Soignies.
Il y a cependant un autre
endroit, que je te laisse, mon ami, le soin de découvrir grâce à ce
message, et qui se situe à un peu moins d'un quart de lieue de
là.
Il s'y cache un autre trésor
que tu trouveras facilement car si tu ne te fourvoies point, ta
recherche devrait te conduire à un autre lieu saint, où tu pourras
te recueillir en mon nom.
Amicalement, Vincent.
N 50°35. ??? E 4°04. ???
|