A mi-chemin entre la cité de BOERSCH et le village d'OTTROTT,
apparait l'ancien monastère de SAINT-LEONARD.
C'est là probablement sur un ancien lieu de culte druidique, dans
une petite forêt de chênes, qu'en 1109 un pieux ermite du nom
d'ERKENBALD édifia un ermitage ou "cellula". Il se vit très vite
doté d'une petite chapelle, vouée à SAINT-LEONARD, puis devint un
petit couvent de bénédictins.
Offert au Chapitre de la Cathédrale de STRASBOURG, il fut dégagé de
tout impôt, hormis une pièce d'or à payer chaque année en mémoire
des fondateurs.
Un siècle plus tard, à peine, il fut élevé au rang de Collégiale
jusqu'à la Grande Révolution où elle fut dissoute et vendue.
SAINT-LEONARD, ermite bénédictin de noble origine, décédé en
559, fut surtout le patron des prisonniers mais on requérait aussi
son aide pour des accouchements difficiles, pour des maladies
mentales ou pour un temps favorable à l'agriculture.
Une statue du Saint pourvue de chaines et menottes est encore
visible sur la façade Est du bâtiment conventuel.
Vers 1880, le mécène et artiste Anselme LAUGEL, acquis et rénova
plusieurs bâtiment situés le long de la route. Il y créa un foyer
d'artistes alsaciens très fréquenté. Le plus célèbre d'entre eux,
fut, sans conteste, Charles SPINDLER (1865-1938) qui s'établit à
SAINT-LEONARD en 1897. Son fils Paul, puis son petit-fils
Jean-Charles, ont su maintenir jusqu'à nos jours l'activité et le
renom de ses ateliers de marqueteries. La salle d'exposition,
ouverte au public (du lundi au samedi de 10h à 12h et de 14h à 18h.
Fermée les dimanches et jours fériés), se trouve dans l'ancienne
cave dîmiaire du Chapitre.
A SAINT-LEONARD, plus de moines débonnaires ni théologiens
érudits. Mais la flamme est toujours ardente et l'esprit,
descendant de la montagne sacrée de SAINTE-ODILE, inonde d'un
étrange bienfait le passant qui, respectueux, saura s'arrêter un
instant en ce lieu magique et béni.