C'est le 17 mai 1953 qu'est inaugurée la chapelle de la Vierge des
Pauvres à Vandoeuvre-les-Nancy (Lorraine-54) au cours de la
célébration de sa bénédiction par l'évêque de Liège. Construit en
un an, grâce à la générosité des donateurs et au travail de six
cents bénévoles, ce petit édifice est la première réplique
française de la chapelle du sanctuaire de Notre Dame de Banneux en
Belgique. C'est en effet dans ce petit village, tout proche de
Liège qu'est apparue la Vierge Marie, de janvier à juin 1933 à une
jeune fille pauvre, lui disant : "Je suis la Vierge des pauvres".
Le cadre boisé de la Sapinière de Vandoeuvre sur la montée de
Brabois, évoque tout à fait la forêt ardennaise autour du
sanctuaire marial belge et l'urbanisation récente ne nuit pas
encore au slence de ce lieu de recueillement qui domine Nancy
(54).
Dans cette
chapelle, on peut admirer une tapisserie accrochée au dessus de
l'autel ; celle-ci fait penser à la statue de Notre Dame de
Bonsecours. Créée par un artiste contemporain, voici une Vierge de
Miséricorde vêtue d'une simple robe blanche parsemée d'étoiles. La
tête couverte d'un léger voile, Marie étend ses bras vers la terre
et ses mains, aux doigts démesurément allongés, s'ouvrent sur le
cortège des pauvres. Les "orants de Notre Dame de Bonsecours"
étaient rangés selon une hièrarchie, agenouillés sous le manteau
protecteur. Ici, une douzaine de personnages, éparpillés, implorent
Marie, en levant les bras ou en faisant de leurs mains, un
porte-voix.
Dès les premières
années, une grande procession aux flambeaux est organisée au 15
août ; elle montait alors depuis l'église Notre Dame de Lourdes par
la vieille route pour aller prier Notre Dame des Pauvres. A cette
même date, aujourd'hui encore, une messe y est célèbrée, en plein
air devant la chapelle. Et durant la dernière semaine du mois
d'août, des Lorrains continuent à se rendre en pélerinage en
Belgique, auprès du sanctuaire de Banneux Notre Dame.
Dans cette humble
chapelle, tout au long de l'année, on ne cesse de venir y prier la
Vierge des Pauvres.
C'est en effet le
seul lieu de prière qui reste ouvert, de jour comme de nuit, dans
le Grand Nancy. La porte est si facile à pousser pour le croyant,
comme par le non-croyant, et tous viennent confier à Marieles
peines et les souffrances des malades tout proches, leurs angoisses
et leurs solitudes...
Cinquante ans après
la construction de cette simple chapelle, les cierges, les
offrandes et les ex-voto témoignent de ces dévotions
individuelles,discrètes et silencieuses.
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(source : Chrétiens
dans la ville n° 122 juin 2007)