
L’édifice actuel a été élevé en 1830 et présente un
fronton triangulaire de style néo-classique. Ce n’est
pourtant pas la première chapelle dédiée au patron des ardoisiers
comme en témoignent des documents mentionnant une chapelle dès le
XVème siècle. Récemment restaurée, la municipalité de Trélazé en a
fait l’acquisition pour un euro symbolique en 2003.
Au XIXème la communauté bretonne était tellement importante que la
commission des ardoisères avait matériellement pris en charge un
vicaire breton pour la pratique du culte.
Le premier de ces vicaires prend ses fonctions le 1er juillet
1867. Il s'appelle Hyacinthe Nédélec. C'est un Jésuite. Il
officiera à la chapelle Saint Lézin.
LE GUETRAGE
A l'origine, cette coutume avait un certain caractère religieux.
"Après une messe à la Chapelle St-Lézin, la Corporation se
réunissait sur la perrière en guêtres et sabots ferrés, barres de
foncée à la main, le parrain posait la guêtre en croix, tandis que
l'assistance tête nue, restait silencieuse. Bientôt des bravos
éclataient...".
Par la suite, il exista deux "guêtrages". A 13 ans, à
l'atelier, les aînés, garçons de 17 ou 18 ans forçaient le
nouveau à payer à boire ainsi qu'un paquet de cigarettes. C'était
une espèce de coutume d'arrivée au travail qui s'appliquait encore
pour l'ouvrier nouveau sur un chantier qui devait "laver sa
hanne".
Cela n'avait rien à voir avec le guêtrage sur butte, cérémonie
inoubliable pour l'ardoisier qui, apprentissage terminé, pouvait
"aller à son part" c'est à dire avoir sa cabane personnelle.
Il y avait d'abord une concertation pour trouver le surnom qu'il
porterait ensuite toute sa vie.
Au jour fixé le maitre d'apprentissage attachait autour des jambes
de l'apprenti les guêtres, morceaux de lainage, vieilles
couvertures destinées à protéger les jambes lors du quernage et
permettant de serrer le reparton au moment de la fente. C'était un
rite. Ensuite tout le personnel du chantier était convié à boire à
sa santé et c'était souvent l'occasion de beuveries qui se
prolongeaient tard dans la soirée et s'accompagnaient de cris et de
chants de corps de garde.
Source musée de l'ardoise Trélazé