LES
SOURCES SALEES
LA SOURCE DU SAIL
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Le glaux maritime, une plante qui
profite des eaux salées des sources d'Auvergne
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Parmi les sources minérales
(estimées à près de 600), les sources salées d’Auvergne
(environ 16) sont un élément très original du patrimoine naturel
auvergnat, intimement lié à l’histoire géologique de la
région.
Celles-ci sont principalement localisées en Limagne et dans le pays
des Couzes et abritent une flore maritime aussi dénommée «
halophile » (halos : le sel, phile : qui aime).
Autour d’elles, sur de petites surfaces, ces terrains salés
hébergent des plantes habituellement réservées aux milieux
littoraux, comme le Plantain maritime, le Glaux maritime ou le
Pissenlit de Bessarabie (seules stations françaises en
Auvergne).
D’où vient ce sel
?
L’eau est issue des précipitations. La
pluie s’infiltre profondément dans le sol en
arrachant des minéraux aux roches traversées. Une partie du
chlore pourrait venir du dégazage des chambres magmatiques. Le
gaz carbonique proviendrait du manteau terrestre et le
sodium des roches traversées. Mais pour les sources situées
dans la plaine de Limagne, ce dernier peut également provenir
de la rencontre entre l’eau et des couches salées
sédimentaires profondes (Oligocène moyen, couche de sel entre
– 782 m et – 1075 mètres)
L’eau remonte ensuite par un réseau
de failles, nombreuses dans la région, mais elle peut se
diluer avec des nappes d’eau plus douce juste avant
d’apparaître en surface. Sa composition et sa température
changent alors. Certaines se mélangent par exemple
avec la nappe alluviale de l’Allier. Au final,
chaque source a donc une composition propre en fonction du
chemin parcouru.
Cette source est l'une des plus fortes en teneur radioactive
d'Europe. Son goût est salé et elle est légèrement gazeuse. Elle
est recommandée pour les maladies de peau et les dermatoses. Elle
est de plus très riche en fer et en magnésium.
Le pré salé de l'autre côté du chemin a été restauré par le CEPA en
2008 après être resté longtemps à l'abandon.
Ce sont des milieux classés d’intérêt communautaire par
l’Union Européenne. Mais ils sont très fragiles, leurs
superficies pouvant n’être que de quelques dizaines de mètres
carrés pour certaines. Elles sont à la merci d’un aménagement
même ponctuel ou de leur abandon au milieu des buissons.