La tradition de l'Eglise attribue à Saint Mamert, évêque de Vienne
en Isère au Vème siècle, la genèse des Rogations. Le concile
d'Orléans en 511 est également cité, cette docte assemblée en
aurait prescrit l'usage au reste de l'Eglise Gallicane.
Mais la cérémonie des Rogations pourrait bien remonter à la nuit
des temps... Les religions antérieures au christianisme
connaissaient déjà des pratiques de communion avec les forces de la
nature, rites destinés à attirer sur une terre la faveur de
divinités champêtres, cultes par ailleurs largement répandus dans
toute la Gaule gallo-romaine. Des gaulois qui avaient peur que "le
ciel leur tombe sur la tête" en passant par le chamanisme et autres
religions naturelles, les hommes ont toujours cru et voulu se
concilier les faveurs du ciel pour améliorer leur ordinaire.
L'Eglise aurait-elle pu reprendre à son compte et
"christianiser" des pratiques vieilles comme le monde ? La thèse
semble plausible. Là où les anciens peuples voyaient des esprits du
vent, de l'eau, des torrents, des sources et de la forêt, l'Eglise
reconnaît le monde angélique. Seuls les mots changent, les êtres
spirituels sont les mêmes et le Christ commande à tous.
A la suite de l'Evangile de Mathieu (5,17) comprenons bien que
la religion chrétienne est "accomplissante" des autres religions,
c'est à dire les éclaire et les enrichit de ce qui leur manque; la
découverte de l'Incarnation du Verbe, Dieu venu en chair parmi les
hommes: - Jésus-Christ.
Et dans la liturgie chrétienne des Rogations les prières vont -
dans la Foi - s'adresser au Christ. A Lui ensuite de mandater pour
notre bien les Forces angéliques qui gouvernent et contrôlent la
Création, la terre et le cosmos, les marées et les saisons, la
faune et la flore.
"Quel est donc celui-ci à qui même le vent et la mer obéissent
?" (Marc 4,41)