Jean
Ier de
Luxembourg,
dit
l'Aveugle né le 10 août 1296, roi de
Bohême en 1310 par
son premier mariage, comte de
Luxembourg en 1313, roi
titulaire de Pologne. Devenu aveugle en 1340 suite
à une opération manquée aux yeux, il meurt au cours de la bataille de
Crécy le 26 août 1346.
Jean l'aveugle a peu régné sur son royaume
de Bohème dont il laisse la gestion à sa femme qui est l'héritière
du royaume. Du fait de sa prodigalité et de ses grands projets
politiques dont peu aboutirent, il a surtout contribué à alourdir
la fiscalité de ce royaume riche et épargné par la grande
peste.
Ses réalisations sont plus importantes au
Luxembourg où il mène une politique active et couteuse de
fortifications du comté et d'expansion territoriale. En 1331-1332,
il accorde des privilèges aux comtés de Durbuy et
de Laroche,
ainsi qu'à Bastogne,
leur conférant le statut de ville. Il fait construire des
forteresses aux frontières, ce qui lui permet de prendre sous sa
protection de nouveaux vassaux. Utilisant les rentes versées par le
roi de France ou les revenus du royaume de Bohème, il fait
l'acquisition de seigneuries limitrophes quitte à s'endetter à une
époque où la petite noblesse, frappée par la crise de la féodalité,
engage ses possessions. Il agrandit la ville en faisant construire
un troisième mur d'enceinte. En 1340, il fonde la Foire de
Luxembourg, ce qui bénéficie à cette région idéalement
placée sur les routes commerciales qui relient l'Europe du nord à
la méditerranée en suivant le bassin du Rhin les cols alpestres et
le bassin du Pô. Avec la guerre de Cent Ans, cette voie profite de
la diminution du trafic le long de l'axe rhodanien rançonné par les
Grandes
Compagnies et de la perte d'influence des foires de
Champagne. Ces foires se sont perpétuées et sont
devenues la plus grande fête foraine luxembourgeoise, commençant
aujourd'hui encore à la Saint-Barthélémy, le 24
août.
Jean l'Aveugle est l'archétype de l'idéal
chevaleresque en vogue au XIVe siècle. C'est à cette époque
que les romans courtois, les légendes de la table
ronde ou de Roland,
sont le plus populaires. Son vécu est marqué par sa recherche de la
gloire chevaleresque dans les tournois mais aussi, parfois, pour
des visées politiques utopiques. Pour les mettre en pratique, le
roi chevalier accumule les performances physiques, comme de
parcourir à cheval en deux semaines les mille kilomètres qui
séparent Prague de Paris. Son squelette, encore récemment
expertisé, est celui d'un corps rompu aux exercices équestres de
longue haleine.
C'est à Crécy, bien qu'aveugle, qu'il
décide pourtant de se faire attacher à deux de ses chevaliers,
partant ainsi au cœur de la mêlée. Tuant sur son passage
autant d'amis que d'ennemis, il reçoit plusieurs coups d'épée
mortels qui le condamne à mourir sur le champ de bataille. Son
cadavre n'est retrouvé que le lendemain.
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