Louis-Nicolas Robert dit Robert le Jeune s’engage dans l’armée à 19 ans et participe à la guerre d'indépendance américaine. À son retour, il entre à l’imprimerie Pierre François Didot à Paris, puis à la papeterie Didot-Saint Léger, à Essonnes. Cette papeterie est très importante puisqu’elle compte 300 ouvriers, en continuelle effervescence. La plus grande partie du papier utilisé par le Ministère des Finances est fabriqué dans cet établissement et, en 1798, la Convention a de telles difficultés pécuniaires qu’elle pousse à la production intensive des assignats ; elle charge donc Louis-Nicolas Robert de trouver une solution et l'envoie comme inspecteur à la papeterie d'Essonnes.
Robert est soutenu dans ses recherches par Didot Saint-Léger qui met à sa disposition son local, son personnel et ses capitaux. Il l’encourage à inventer une machine qui utiliserait peu d’ouvriers. Le projet avance et bientôt Robert présente au ministre deux feuilles de papier faites sur sa machine. Il déclare qu’avec son invention il simplifie les opérations de cet art en rendant la manutention moins dispendieuse et surtout en faisant un papier d’une étendue extraordinaire sans le recours d’aucun ouvrier et par des moyens purement mécaniques. Le brevet pour une machine à faire le papier d'une très grande étendue est déposé : c’est le premier brevet de ce genre et une subvention de 3 000 francs lui est accordée.
Cette machine est peu performante à ses débuts et Robert est près d’abandonner ses recherches. C’est alors que Didot lui achète son brevet d’invention contre une obligation de 24 000 livres. Il s’associe à son beau-frère anglais Gamble pour exploiter le brevet. Les Fourdrinier perfectionnent la machine de Robert et déposent deux brevets — anglais cette fois.
Le principe de la machine, qui suit les procédés de la fabrication du papier à la main, est relativement simple : on verse la pâte à papier déjà affinée dans une grande cuve, d’où elle est déversée par une roue à écopes sur une toile métallique sans fin en rotation, animée d’un branlement continu qui permet l’égouttage de la pâte. La feuille en formation passe alors entre des cylindres de presse garnis de feutres, puis s’enroule sur des bobines installées au bout de la machine.
Quelques années plus tard, Robert, n’ayant encore rien touché de Didot pour son brevet d'invention, engage un procès contre celui-ci, qui doit lui rétrocéder la propriété dudit brevet. Louis-Nicolas Robert assiste, impuissant, à la réussite des autres due à sa propre invention : seuls les capitaux lui avaient manqué pour mener à bien ses recherches.
Pour assurer la subsistance de sa famille, il ouvre une modeste école primaire à Vernouillet. Pour faire son école, notre héros désargenté loue pour 300 F/an une maison au 83 bis et 85 rue St Thibault. Au 83 bis il fait le logement de sa famille et aménage le 85 en salles de classe.
Avec un revenu de deux francs par mois pour chaque élève, plus vingt cinq centimes en hiver pour le bois, la richesse n'était pas au rendez-vous.
Janvier 1814 est l'échéance fatidique de ses rêves d'inventeur. Il n'a pas les moyens de renouveler son brevet et laisse le fruit de sa géniale invention à d'autres.
Les parents des élèves de Nicolas Robert sont plutôt pauvres et comme après chaque guerre les indigents sont nombreux. La monoculture d'un vin de piètre qualité ne favorise pas les revenus des vignerons pendant les années de mévente.
Louis Nicolas Robert meurt à 66 ans dans la misère, en ayant vécu, après l'avènement de Charles X, sous le règne de quatre Rois, traversé la Révolution et l'Empire.
Sur le monument rendant hommage à L N Robert, des dates sont inscrites. Elle vont vous permettre de déterminer les coordonnées de la cache.
Noter l'année de naissance de Robert, l'année ou il est devenu instituteur à Vernouillet et l'année de l'invention de sa machine à papier.
xxx = (invention-naissance) x 5
yyy = (instituteur-invention) x 3
Coordonnées N 48° 43,(201+xxx) E 1° 21,(410+yyy)