Il s’agit de la Chapelle St Christophe, reconstruite au XVIème siècle pour la partie la plus ancienne : Porche en bois, la façade et le clocher. Cette chapelle n'a eu rang d'église paroissiale, elle servit de lieu de pèlerinage pour implorer la cessation de la sécheresse et le 26 juillet , jour de la Saint-Anne. En 1981 la chapelle a reçu un toit neuf et fut crépie ! La cloche qui la surplombe date du XIV ème siècle.
A côté et au-dessus, une haute statue, la Sainte Vierge aux bras ouverts, érigée le 17 septembre 1876, imitation de celle qui couronne l'ancien clocher de Fourvière.
Ici la statue domine une croupe découpée presque en triangle, sur la ligne boisée qui forme à la vallée comme une muraille verdoyante, le long de cette prairie des Etaings, animée par l'usine Marrel, qui occupe toute une population. Cette croupe présente comme une série d'étages, vagues traces d'habitations disparues. La cime et le côté oriental sont parsemés de ruines embroussaillées. Un pan de muraille, d'une épaisseur d'un mètre et demi, se dresse comme un clocher et reste debout, bravant les tempêtes. On dirait un géant persistant là, pour protester contre les ravages du temps.
Singularité des noms, ces vieux débris s'appellent Châteauneuf. En effet, là fut un château ou, comme on disait, un chastel. Bâti ou rebâti, comment fut-il appelé Neuf ? Sans doute par comparaison avec les forteresses qui avaient commencé de hérisser nos cimes dès le démembrement de l'Empire au traité de Verdun 843 et déjà en pleine invasion des Normands: de là sortit la Féodalité. C'était une organisation, où un moins fort faisait hommage à un plus fort, c'est-à-dire se déclarait son homme, pour leur défense mutuelle. Les plus forts, s'associant, devinrent les seigneurs. Autour de leurs châteaux, les populations se groupèrent afin de vivre à l'abri des envahisseurs et des bandits. Les abus ne sont ni la chose ni l'idée. Dans son idée, qu'était la Féodalité ? Une vaste société de secours mutuels.
Le Château en 1789, gravure de Jean-Jacques de Boissieu.
A quelle époque Châteauneuf fut-il bâti ? Apparemment vers l'an 1200 ; car la plus ancienne mention paraît dans un traité de 1220 (1). Quel en était l'aspect ? On s'en fait une idée par le dessin tracé en 1789 par Jean-Jacques de Boissieu, célèbre graveur natif de Lyon mais appartenant à la vallée du Gier par des attaches familiale et territoriale avec la région de Saint-Jean-Toulas. Ce château apparaît, face au levant, avec une terrasse avancée sur un mur formant arcade. La demeure seigneuriale est sur le plan d'un carré long. La façade, percée de deux croisées ou fenêtres partagées en croix, est couronnée de créneaux. Elle présente aux deux extrémités deux tours carrées. Celle du midi est sans croisée et sans créneau. Lui est accolée une tour ronde et de celle-ci part vers le midi un mur crénelé. La tour carrée du nord est percée de quatre croisées superposées deux à deux et indiquant deux étages, dont l'un, l'inférieur, est au niveau des deux croisées de la façade. Cette tour est crénelée. Lui est accolée une tour ronde et crénelée, montant jusqu'à moitié de la hauteur de la tour carrée. Derrière celle-ci, et orientée entre le levant et le midi, apparaît la chapelle avec le clocher actuel mais terminé en flèche timide. Aujourd'hui, on ne voit plus que la chapelle et le pan de mur qui brave les tempêtes. Ce que le dessin ne pouvait pas reproduire, c'est le donjon alors détruit. Il se dressait jadis derrière la tour carrée, le long de la chapelle et sur le rocher. Il reste de cette tour la racine, justement ce qui forme piédestal à la statue. D'après un plan terrier aux archives du Rhône, on sait qu'avant la Révolution le cimetière était à la place actuelle.
Par ses murs, Châteauneuf se dressait en vraie forteresse et aussi par son site. Au nord et au levant, le sol descend en pente ardue ; au couchant, un ravin profond et au midi un retranchement creusé de main d'homme. Il fait face au portail, tout récemment posé, du cimetière agrandi.