Ce jour-là, un groupe de mineurs en grève bloque un convoi parti chercher du charbon à Montrambert afin d'alimenter une aciérie du groupe Holtzer, alors sous la direction de Pierre-Frédéric Dorian, riche industriel et député de la Loire. Des accrochages avec la troupe entrainent quarante arrestations.
Les soldats emmènent alors les captifs vers la prison de Bellevue à Saint-Étienne mais se retrouvent confrontés, au lieu dit « le Brûlé », à un rassemblement de parents et amis des mineurs interpellés, dont Michel Rondet (fondateur des Syndicats et Fédérations des Mineurs de France), qui s'interposent à leur passage. L'armée répond par une fusillade et des coups de baïonnettes qui feront quatorze morts (dont un bébé de seize mois) et de nombreux blessés graves.
Le conseil municipal de Saint-Étienne demandera officiellement l'éloignement du régiment responsable, le troisième de Ligne, mais le pouvoir impérial de Napoléon III donnera raison à l'armée contre les mineurs et fera destituer le conseil municipal. Lors du jugement, rendu le 7 août de la même année, soixante-deux condamnations à la prison ferme tomberont pour les mineurs et leurs proches, allant de quinze jours à quinze mois, mais tous seront amnistiés le 15 août par ordonnance impériale. Aucune charge ne sera retenue en revanche contre les soldats et le capitaine Gausserand, responsable des opérations, sera même décoré solennellement.
• Le monument des Étoiles
Cette sculpture de bronze de Victor Caniato commémore les événements du printemps 1869. Inaugurée le 24 juin 1989, l'œuvre est située au carrefour des routes de Caintin et du Puits des Combes.
D'une hauteur de 3,60 m, elle est pourvue de 14 étoiles symbolisant les victimes de la fusillade, dont les noms sont gravés sur la table d'offrande. L'enfant endormi à leurs pieds représente quant à lui l’avenir et l’espoir des hommes. Sur le pourtour de la table d’offrande supportant la sculpture, les noms des victimes sont gravés.
restez discret, lieu de passage