Cependant, certains détails dans l'architecture pourraient faire remonter la construction à une date antérieure. Bénite en 1659, elle a été dédiée à "Mariæ Matri Gratiæ et Pacis", ce qui signifie "Marie Mère de Grâce et de Paix".
L'époque correspond au 'Siècle des Malheurs' pour Marche-en-Famenne. Les maladies et les guerres dont souffrent la région poussent les habitants à solliciter l'aide d'une Protectrice. Leurs prières sont visiblement entendues, car en 1723, une épidémie décime les villages voisins mais épargne les Marchois. Remerciant leur bienfaitrice, ils lui attribuent l'accomplissement de ce miracle, ainsi qu'à saint Fiacre, dont la statue est portée en triomphe jusqu'à la chapelle, où elle fut installée à côtés de celles de Saint-Hilaire et de Saint-Firmin. Fortement endommagé durant la Révolution française, l'édifice a été restauré en 1808 et 1810 par le doyen Burton et son vicaire Michel.
En 1700, toutes les baies et la façade ont été refaites, peut-être à la demande des deux jésuites inhumés à l'intérieur (Alain Dargenlieu et Théodore Reuter). La façade baroque comporte une petite fenêtre carrée, permettant de voir l'autel, et un oculus aveugle, qui date du 19e s., et sur lequel sont inscrits les deux millésimes (1700 et 1882), dates de reconstruction et de restauration. Au-dessus de la porte, un cartouche contient l'inscription [M(A)R(I)A] et l'illustration d'un coeur. L'intérieur conserve un retable des environs de 1700 et une statue en bois peint de 1656, représentant la Vierge à l'Enfant.