Le bois de Soleilmont
En règle générale, peu de gens savent qu’au sud de Fleurus un domaine boisé de plusieurs dizaines d’hectares existe encore.
Des chaussées qui le bordent, il est presque invisible et vu de l’autoroute R3 aboutissant à Heppignies, il n’est qu’une tache verte qui s’efface rapidement.
Pourtant ce lieu révèle quelque chose de particulier, un « on ne sait quoi » que les différents noms des zones qui le forme évoquent.
Documents utiles et intéressants
http://www.fleurus-tourisme.be/documentations/soleilmont.htm
http://www.fleurus-tourisme.be/programme/presentation%20salle%20FR%20A4.pdf
http://www.fleurus-tourisme.be/images/carte_promenade/tous%20circuits%20FORET%20DES%20LOISIRS.pdf
Jules César et les Nerviens
Bien que leur capitale ait été située à Bavai, les Nerviens, cette peuplade belge, installée sur notre territoire vers le 2ème siècle avant JC, contrôlaient un immense territoire dont Fleurus semble avoir constitué une des limites orientales.
Le territoire Nervien était approximativement limité à l'ouest par l'Escaut et la Scarpe, au nord par la Dyle, à l'est par la Sambre et au sud par les forêts du Nouvion et de la Thiérache.
Ainsi, la chaussée Brunehaut, qui marque la limite nord de l'entité de Fleurus, et dont les historiens attribuent généralement l'ouverture aux Romains, était plus que probablement un axe routier déjà important du temps de l'indépendance des peuples belges et l'une des voies de communication importantes traversant le territoire nervien.
Dès cette époque, Fleurus semble donc avoir occupé une position frontière.
Position que les Nerviens, peuple guerrier, devait défendre activement.
C'est sous cet éclairage qu'il faut comprendre la présence d'un oppidum gaulois sur notre territoire.
Situé à la confluence des ruisseaux de Gominroux et de Taillis-Pré, beaucoup plus importants à l'époque, la place forte permettait de contrôler aisément la vallée qu'elle surplombait.
La construction à la manière gauloise fait de l'oppidum plus une ville fortifiée qu'une véritable forteresse guerrière.
Se servant d'une pente naturelle les remparts n'étaient construits que d'un seul côté et constitués d'un entrelacement d'arbres dont les espaces étaient comblés de pierres et surmontés d'une palissade de bois.
Ce type de construction était avantageux par bien des aspects. Faciles à construire, ces fortifications étaient tout à la fois «souples», solides et durables.
Le chanoine Theys, dans son histoire de Fleurus en 1932, ne signale-t-il pas que les traces de ces fortifications sont toujours visibles 20 siècles plus tard?
Contrairement à l'image de barbares frustes, nos ancêtres montrent ici de grands talents.
S'il n'en fallait qu'un exemple supplémentaire, nous pourrions citer l'organisation remarquable que cette structure met en évidence, puisqu'elle permet de niveler les terres de l'intérieur de la cité dont les remblais sont utilisés pour la construction des défenses.
Il ne serait pas surprenant que l'arrivée de l'envahisseur romain ait entraîné le déclin de la cité gauloise.
Non content d'exiger parfois la destruction des fortifications des villes soumises, les Romains ont mené en Gaule une véritable politique d'extermination.
Sur les 60.000 hommes de l'armée nervienne, 500 à peine revinrent des combats.
Dans l'ensemble de la Gaule, on estime que les conquêtes de César firent plus d'1.000.000 de morts et qu'autant d'individus furent réduits à l'esclavage.
Plus que des guerres, l'invasion romaine peut être considérée comme un génocide, bien avant l'invasion du terme.
Quoi qu'il en soit, le changement sera définitif et c'est peu à peu la culture gallo-romaine qui va s'imposer.
Ainsi, c'est à l'issue de cette conquête que vit probablement le jour la ferme de Martinrou toute proche.