Les émigrés bretons, entre l'an 400 et 500 s'installèrent aux confins de l'Aff, de l'Oust et de la Vilaine, lieux favorables au commerce; ils fondirent donc 2 ports, l'un sur la vilaine, au Chastel et l'autre sur l'Oust, à Balrit. Le port de Barilt (maintenant Bauré) paraît avoir été le plus important des deux. A l'abri des rochers dits de Bougro, il offrait un très bon garage aux bateaux qui naviguaient sur l'Oust ; Aussi en peu de temps fut-il très fréquenté des marchands de Peillac, Bains, Sixt, Carentoir et Renac. Le commerce y devint si florissant que le machtiern (chef) de Bains, voulant tirer profit, établit à Barilt un droit de tonlieu portant sur navires et les marchandises. Cet impôt fut perçu régulièrement et sans difficulté jusqu'au moment où le plou de Bains fut donné à Saint Conwoion, abbé de Redon, par Ratuili et Nominoë. Alors des discussions s'élevèrent et deux petits monastères voisins dénièrent vers 845 à l'abbaye de Redon le droits exclusif de percevoir le tonlieu à Balrit. Ces deux monastères s'appelaient Ballon et Busal. La cause fut portée devant la cour de Nominoë qui après avoir fait une enquète, se prononça en faveur de l'abbaye de Redon.
Mais où était situés ces deux petits monastères de Ballon et de Busal, qui venaient d'oser disputer à la jeune abbaye de Saint Sauveur un droit d'impôt ? Evidemment sur les bords de l'Oust, tout près ou pas très loin de la rivière. Pour l'un d'entre eux, Busal, le doute n'est pas possible. Il existe en effet sur l'Oust (rive de Bains), à un petit kilomètre au sud de Bauré, une antique chapelle voué à Saint Méen ; à côté d'elle, un terrain où végètent des buis et des ifs, jadis enclos, fut sans doute une de ses dépendances. Plus à l'est, au milieu du hameau de Saint Méen, une maison à tourelle, l'hôtel Brulé, passe pour avoir été la demeure des religieux.
La chapelle Saint-Méen est l'une des trois chapelles frairiennes de la commune avec les chapelles Saint-Laurent et Saint-Marcellin. Située au bord de la rivière d'Oust, à l'ouest de la commune, elle passe pour le dernier vestige de l'ancienne abbaye de Busal qui aurait été fondée par les moines de l'abbaye de Saint-Jean de Gaël au 7e siècle. L'édifice était déjà complètement ruiné au début du 19e siècle. Il a été entièrement reconstruit à partir de 1965. Certains éléments de l'ancienne chapelle ont été remployés comme les portes délardées en plein-cintre et une croix flanquée au sommet du porche sud. La charpente à liens courbes et engoulants s'inspire de la chapelle Saint-Michel du château de la Giraudais. Le clocheton de granite qui coiffe le bâtiment a été sculpté par Jean Breton ; la cloche porte la date "1832".