Le 12-août, venant d'Albi, une colonne de répression allemande, régiment de la 11e-division blindée, pénètre en Aveyron par SaintSernin-sur-Rance. Jusqu'au 15-août, elle fait régner la terreur et effectue des actions de nettoyage dans le Saint- Affricain. Lors de sa progression, l'avant-garde de cette colonne doit faire face, près de MoulinNeuf, à une embuscade tendue par une trentaine d'hommes du maquis Paul-Claie, commandés par le maréchal des logis Granier. Lors de ce combat, deux véhicules allemands sont détruits. L'ensemble de la colonne arrive à Saint-Affrique, en fin d'après-midi. Son état-major s'installe à l'hôtel du Commerce. Durant son séjour, elle commet une série de vols dans quatre maisons (argent en espèce, linges et bijoux) pour une valeur de 191.000-francs et réquisitionne deux voitures et un camion.
Guidés par un informateur français, des officiers allemands interrogent brutalement Georges Blanc, employé des PTT, et un nommé Martin. Le lendemain 13-août, après avoir tenté sans succès d'intercepter le maquisard Nano Romero, les Allemands capturent dix-neuf otages. Parmi eux, Raymond Gantou, âgé de 18 ans et agent de liaison du maquis Caillou.
Raymond Fournier, alias commandant Charles, chef des FTP de l'Aveyron, racontera le martyre du jeune résistant : «Raymond, qui s'était blessé à une épaule, n'avait pas quitté la maison de ses parents. Ceux-ci ne purent rien pour lui et les Allemands l'emmenèrent. Ils le conduisirent dans la maisonnette de la garde-barrière (...). Là, Raymond Gantou fut interrogé.
Nous savons qu'il ne dit rien.
Qu'il ne livra aucun emplacement de maquis. Qu'il ne donna aucun nom (...). Cependant, Mme-Massol avait appris l'arrestation de Raymond Gantou. Elle grimpa sur la colline, au-dessus de la maisonnette de la gardebarrière, et, cachée dans les taillis, à une cinquantaine de mètres, elle observa, angoissée, ce qui se passait. Vers 12-h-45, elle vit Raymond Gantou sortir de la maisonnette, encadré par deux Allemands. Le groupe traversa le pré et prit le sentier qui, à l'époque, desservait les vignes du quartier. Mme-Massol risquait d'être découverte. Elle descendit la pente et gagna la ville.
Elle arrivait à l'extrémité du boulevard Victor-Hugo, où le Crédit lyonnais fait coin, lorsqu'elle entendit des coups de feu. Il était 13-heures (...). Raymond Gantou venait d'être fusillé».