Quatrième fondation de Johannes Soreth, Général de l’Ordre entre 1450 et 1470.
Ce qui précède
Steevoort, un hameau de Vilvoorde, disposait d’un béguinage fondé au début du 13ème siècle et qui portait le nom de Notre Dame de la Consolation. Le béguinage en question possédait une statue miraculeuse de Marie, don de Sophie de Thuringe, épouse du duc de Brabant, Henri II, dit le Magnanime. Sophie avait hérité la statue de sa mère, Sainte Elisabeth de Thuringe. Très attachée aux béguines, Sophie fut également leur grande bienfaitrice. C’est elle qui prit en charge le développement du béguinage avec son infirmerie, etc…
Les Carmélites
En 1457 le bienheureux Johannes Soreth fonda un Carmel à Liège.
Onze ans plus tard, en 1468, lors du Siège de Liège par Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, l’église et le couvent furent incendiés. Les sœurs s’enfuirent à Maestricht (une ancienne fondation). Du coup, au nombre de 40, elles se retrouvaient dépourvues de tout moyen de subsistance.
Vilvorde
Informé de la situation précaire des carmélites, Johannes Soreth, s’adressa à Charles le Téméraire qui remit une partie du béguinage au Carmel. Ensuite l’entièreté du béguinage fut remise au Carmel. On en trouvera les preuves dans nos archives.
Lors de la fondation canonique, le couvent recevra le nom de Notre Dame de la Consolation. La statue qui se trouvait à l’extérieur dans une niche, fut transférée dans la chapelle où elle fut présentée à la dévotion des fidèles. Il s’ensuivit une renaissance de la dévotion à la Vierge Marie. Il est également fait mention de nombreux miracles.
La fuite des soeurs
1578 voit l’expulsion des carmélites et béguines. Le couvent est incendié et complètement dévasté par les gueux. A l’endroit de l’ancien béguinage on trouvera une chapelle dédiée à Marie. Au début, les soeurs recevront l’asile au château de Herlaer (Vilvorde), ensuite à Malines. Les gueux et les iconoclastes se livrent à des actes de destruction et des massacres.
En 1586, sur intercession de Jan Hauchin, Archevêque de Malines, les Carmélites sont admises à l’Hôpital Saint-Nicolas doté d’une église (actuellement un chœur de religieuses). Quinze sœurs s’y installeront. Le bâtiment, en mauvais état, fut en majeure partie démoli. Seule une aile fut sauvegardée. A l’étage, la grande salle fut divisée en 15 cellules. Cette partie existe toujours: au rez-de-chaussée on trouvera le réfectoire et la cuisine, etc. Les locaux réservés aux travaux se trouvent à l’étage. Le reste du couvent a été construit en partie au 17ème et en partie au 18ème siècle.
Lors d’une nouvelle attaque, les gueux tentent de mettre le feu à la statue de Notre Dame qui se trouve dans l’église, mais tous leurs efforts restent vains. Le piédestal porte les traces de feu.
A part quelques intermèdes d’une paix relative et voués à la vie monastique, principalement durant le règne d’Albert et Isabelle, les sœurs ont été fréquemment en fuite. Où qu’elles aillent - Malines, Anvers, Bruxelles…, elles emportaient toujours la statue. A une occasion celle-ci fut cachée dans une botte de paille et emportée à Malines où les sœurs se retrouvèrent. La sœur qui s’était chargée du transport de la statue s’était déguisée en paysanne, subterfuge indispensable car il fallait qu’elle passe le poste de garde aux portes de la ville.
En 1662 l’église et le couvent furent dotés d’une enceinte. En 1635, au terme de quelques périodes de fuites, les soeurs retournent à Vilvorde, et grâce à la générosité de la population de Vilvorde elles restaurent le couvent.
Le 19 mars 1663 le Père Jérôme Ari, Général de l’Ordre, pose la première pierre de l’église. En raison de nouvelles tribulations, celle-ci ne sera pas bénie avant le 6 septembre 1671.
L’entrée de l’église est située Leuvense straat; celle du couvent Trooststraat.
L’époque reste troublée. Sous le règne de Louis XIV les soeurs reprendront le chemin de l’exil à quatre reprises. L’Empereur Joseph II d’Autriche supprime les couvents qui n’ont pas d’utilité pour l’état. Le Carmel de Vilvorde échappe à cette règle pour avoir fondé une école.
Puis vint la Révolution française. 1796, pour la tantième fois la statue est mise en sécurité. Les sœurs sont chassées du couvent et l’habit monastique est interdit. Les sœurs sont éparpillées, mais se réunissent fréquemment pour des séances de prières, etc … dans une maison particulière.
Le 8 novembre 1802 les soeurs peuvent reprendre la vie communautaire. Sous le régime hollandais, l’habit monastique est interdit et les conditions de vie restent difficiles jusqu’en 1830.
Depuis, une trentaine d’années se sont écoulées. Il reste 6 sœurs qui relancent la restauration. Le 13 janvier 1831 verra la réinstauration de la clôture et dès le lendemain la première postulante fait son entrée. Le Carmel vient à pleine floraison.
Le Carmel de Vilvorde appartient à l’ancienne observance jusqu’en 1966 et en Belgique il reste totalement isolé. Il reçoit beaucoup d’aide des Pays-Bas.
En mars 1966 le Carmel de la Consolation est repris dans la réforme de Mère Thérèse.
Le couvent et l’église
Vu son histoire ainsi que le fait qu’il soit resté un lieu de pèlerinage le couvent s’est forgé une solide réputation. A Vilvorde, c’est plus qu’un nom. A preuve, la procession instaurée en 1675; la Troostkermis (kermesse), qui existe toujours et actuellement l’exposition (cette dernière étant une nécessité).
De gros travaux de rénovation et de restauration du couvent et partiellement de l’église ont été entamés en 1979. Les travaux de restauration de l’extérieur de l’église ont été achevés en 2007. Le résultat est magnifique et l’église est actuellement dotée d’une installation d’illumination nocturne.
Nous sommes dans l’attente des autorisations requises pour pouvoir entamer les travaux à l’intérieur de l’église. Si nous sommes à mêmes d’entreprendre des travaux d’une telle ampleur, c’est grâce au concours précieux du comité directeur de l’Amicale de la Consolation (Vriendenkring van de Troost).
Aujourd’hui comme hier, l’église accueille de nombreux visiteurs fuyant pour quelques instants l’agitation quotidienne du monde extérieur en présence de Marie. A cet égard le livre d’intentions est éloquent …
Depuis le 3 août 2003 notre communauté s’est enrichie de soeurs originaires des Philippines. Remercions le Seigneur de cette aide et de ce bain de jouvence.
Nouvelle date historique: le 7 mai 2006, date à laquelle notre église fut sacrée basilique. Depuis, outre les pèlerinages habituels en provenance de Vilvorde et des alentours, elle accueille également des pèlerins venant de régions éloignées de la ville.
Vie contemplative, monde active
Depuis l’acceptation de membres associés et la fondation de l’Amicale, le Carmel s’est de plus en plus ouvert au monde extérieur. Nombreuses y sont les rencontres spirituelles sous la conduite de membres associés et en présence d’une audience nombreuse, car les besoins spirituels des gens sont grands. Ils peuvent faire usage de l’église et du local d’accueil (les sœurs, quant à elles, n’y participent pas).
Tous les mois on y célèbre l’eucharistie en anglais à l’intention de la communauté philippine de Vilvorde et des environs. Le tout dans un esprit empreint de joie et de ferveur!