L’église Notre Dame de Lagord date de la fin du XIIe siècle. A cette époque, la France connaît une période d’intense construction. En effet, le climat connait un radoucissement notable. Il permet une succession de bonnes récoltes qui éloignent les périodes de famines et d’épidémies. Cela contribue à densifier les villes et villages, et s’accompagne de la construction de nombreuses églises notamment.
Au cours de ses 800 années d’existence, elle a subi de nombreuses modifications, destructions, reconstructions et extensions. De l’édifice d’origine ne subsistent que quelques vestiges tels que le portail, et de beaux modillons représentant les sept pêchés capitaux, conservés au musée d’Orbigny-Bernon deLa rochelle.
Les guerres de religions du début de XVIIe siècle ont ruiné l’église, n’en laissant que le tiers avant de l’édifice et quelques pans de murs. La nouvelle église, issue de la reconstruction achevée en 1651, est plus sobre, moins longue, et est couverte d’une simple charpente.
Le XIXe siècle sera marqué par d’importants travaux de rénovation de la façade, du clocher et des peintures intérieures, et par une extension devenue nécessaire, complétant la nef par deux bas-côtés.
Dans la nuit du 31 décembre 1939 au 1er janvier 1940, un incendie ravagea l’église. Un brin de paille embrasé servant de décoration à la crèche de Noël en était la cause. Le quinze août de la même année, soit sept mois plus tard, elle renaissait de ses cendres grâce à la mobilisation de la population et de la municipalité. Aujourd’hui encore, une inscription à l’intérieur de l’église en atteste.
Mais l’église de Lagord c’est aussi une légende, la Légende de Bernard.
Selon la légende, la reine, Marie LESZCZYNSKA, épouse de Louis XV, s’ennuyant dans son palais décida de faire fondre deux cloches destinées à sonner en harmonie, l’une avec l’autre. La première, fut nommée Joseph, en hommage à l’époux de la Vierge. Elle devait sonner une note grave, profonde et déchirante comme la mère qui voit mourir son fils. La seconde, nommée Bernard, en hommage à Bernard de Clairvaux, devait quant à elle sonner une note claire, vibrante, triomphante pour célébrer la résurrection.
Les deux cloches étaient destinées à la Pologne où le père de la reine briguait la succession au trône d’où il avait été chassé en 1704. L’Histoire n’a pas encore révélé la raison pour laquelle, lorsqu’il quitta Varsovie, en 1734, il ne repartit qu’avec une seule cloche, celle nommée Bernard, ni comment cette cloche aboutit à l’église Notre Dame de Lagord.