Le nom des rues d’une ville en dit souvent autant sur la ville en question, sinon plus, qu’un gros livre d’histoire.
Saint-Pierre-des-Corps n’échappe pas à cette règle, et comment ! Sur les 210 artères et places recensées sur le plan de la commune, environ un tiers fait référence de près ou de loin aux deux principales caractéristiques "socio-historiques" de la commune :
-son appartenance au Parti communiste (et aux idéaux qui en découlent)
-son implication dans la Résistance pendant la Deuxième guerre mondiale
Bien que souvent liée à la première caractéristique c’est plutôt en hommage aux résistants que je vous propose un devoir de mémoire qui va vous faire découvrir les rues portant le nom d’une partie de ces résistants.
André Marteau
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Né le 18 mars 1922 à Saint-Pierre-des-Corps, au 40 bis Levée de la Loire. Il demeurait 100, rue Paul-Vaillant-Couturier. Son père, cheminot, était avant-guerre et fut après-guerre, conseiller municipal de Saint-Pierre. Militant des Jeunesses communistes, il fut très actif dans l'organisation de la Résistance, dès l'automne 1940.
Il est arrêté une première fois le 24 juin 1941, dénoncé pour avoir tracé des inscriptions antinazies. Le 9 juillet 1941, le tribunal de guerre allemand le condamne à un an de réclusion. Le 13 janvier 1942, on lui accorde une diminution de peine. Il est libéré. Hélas pour son malheur, car dans la nuit du 9 au 10 février, 50 otages sont arrêtés en Touraine (10 communistes et 39 juifs). La main "française" tourangelle qui a établi la liste pour la remettre aux Allemands ne l'a pas oublié.
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Avec André Marteau (19 ans) sont arrêtés : Chauveau Bernard (21 ans), de Saint-Pierre-des-Corps ; Mazein Jacques (21 ans), de Saint-Pierre-des-Corps ; Hayot Maurice (40 ans), de Chambray-lès-Tours ; Legendre Roger (39 ans), de Joué-lès-Tours ; Letondu Gaston (44 ans), de Joué-lès-Tours ; Morin Roger (31 ans), de Saint-Pierre-des-Corps ; Seguin Hilaire (40 ans), de Joué-lès-Tours ; Tamowski Stanislas (43 ans), de Saint-Pierre-des-Corps ; Rossignol Marcel de Tours, qui réussit à s'évader mais sera remplacé par Huard Roger (36 ans), de Tours.
Le 6 juillet 1942, ils seront déportés dans le premier convoi de 1.170 résistants français à destination du camp d'Auschwitz, en Pologne. Tous y trouveront la mort dans les semaines suivantes. Des Tourangeaux, seul Tamowski reverra la France.
Source : Blog des épines fortes et Lycée Chaptal. Photo : Déportés politiques à Auschwitz