Pendant l’été 732 de notre ère, Abd al-Rahman ibn Abd Allah al-Ghafiki, Gouverneur arabe de l’Espagne, pénètre en Gaule. Le duc Eudes d'Aquitaine tente de s'opposer à son avance mais, mis en déroute sur le bord de la Dordogne, il ne peut empêcher le sac de Bordeaux. Il fait alors appel à Charles Martel, duc des Francs.
Charles se porte à la rencontre des troupes musulmanes dont il arrête les avant-gardes à proximité d'une voie romaine reliant Châtellerault à Poitiers.
Cependant, un petit groupe de musulmans, mené par le chef Abd al-Rahman, poursuit sa route vers l’est et prend position sur les hauteurs du petit village de Turny. Après avoir pillé l’église, ils s’emparent d’une croix en pierre. Repoussés par l’armée des francs, ils font alors route vers le sud et retournent dans leurs contrées lointaines.
La Croix Saint-Pierre réapparaît dans les récits de la troisième croisade.
Certains pensent que le terme de « croisés » est directement attaché à cette Croix. En effet, il est d’usage de dire que l'empereur germanique Frédéric Ier Barberousse, le roi de France, Philippe Ier Auguste, et le roi d'Angleterre, Richard Ier Cœur de Lion, « prirent la croix » en parlant de leur voyage vers Jérusalem. C’est durant le siège de Saint-Jean d’Acre que la Croix Saint-Pierre est retrouvée et rapportée en France, à la fin du 12ème siècle.
Au même moment est constitué l’ordre des templiers dont la vocation est : «Combattre intrépidement les ennemis de la Croix.»
Chaque templier vénère donc la croix qui a retrouvé sa place à Turny, haut lieu de la Templerie. Elle y reste pendant près d’un siècle.
Mais le 13 octobre 1307, les baillis et sénéchaux du roi de France Philippe IV ouvrent les lettres closes que le Conseil royal leur a fait parvenir quelques jours avant et qui leur donnent l'ordre d'arrêter tous les Templiers vivant dans le royaume. La Croix disparaît à nouveau, pour près de sept siècles. Certains prétendent qu’un riche commerçant anglais l’a échangée lors de son retour des Indes contre une cargaison de soie. Il en fait alors don à l’un des passagers du May Flower. Ce bateau transporte en 1620 d’Angleterre en Amérique une centaine d’émigrants fuyant les persécutions religieuses dans leur pays. Ces «Pères pèlerins», soldats de Dieu sur terre, fondent alors la Nouvelle Angleterre. Leur premier geste est d’élever la croix sur leur nouvelle patrie.
La réapparition de la Croix reste un mystère.
Ceci est bien sûr une légende, ce qui veut dire que personne n’est obligé à ne pas y croire !