
Un Peu d'histoire
D'une superficie de 16 hectares, l'étang de Gué-Chaussé est une grande étendue d'eau qui borde la route. Au IXème siècle, une forteresse se dresse sur ces lieux stratégiques dans la géographie de Saosnes. Elle est probablement installée par les Saxons, soucieux de protéger la route qui mène à cet endroit. Si l'époque à laquelle la forteresse est détruite est inconnue, il est avéré qu'elle n'existe déjà plus au moment de la guerre de Cent Ans, n'étant pas citée parmi les forteresses du XIVème siècle. Longtemps l'abbaye de Perseigne possède sur cet étang un droit de pêche bisannuel, droit qui lui est racheté en avril 1263 par Jean de Châtellerault.
Source de ravitaillement des puits des communes voisines, le plan d'eau est traversé par la Saosnette, qui prend sa source dans les marais de Saosnes. L'étang est toujours, comme autrefois, un lieu de pêche.

Un site naturel exceptionnel
Classée en ZNIEFF (Zone Naturelle d'Intérêt Ecologique Floristique et Faunistique) et site Natura 2000, cette superbe zone est composée d'un étang, d'une roselière, d'une grande prairie tourbeuse et de boisements humides. De par la nature même des biotopes qui la composent, cette zone possède un fort intérêt ornithologique, notamment pour l'hivernage de nombreux anatidés; beaucoup d'espèces migratoires parfois très rares y effectuent également des haltes.
L'intérêt floristique est indéniable avec notamment la présence d'espèces rarissimes dans le département comme l'Orchis des marais (Orchis laxiflora subsp. palustris),
la Parnassie des marais (Parnassia palustris) protégées au niveau régional, ou bien la Grande Douve (Ranunculus lingua), bénéficiant d'une protection sur l'ensemble du territoire national, et ceci pour ne citer que les espèces revues récemment. Concerant les insectes, la présence de l'Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale), odonate protégé au niveau national, visé par la Directive communautaire "Habiats , faune, flore" (annexe II), inscrit sur le Livre Rouge de la Faune menacée de France en tant qu'espèce en danger a pu être vérifiée.
Outre l'existence de biocénoses remarquables, l'intérêt de ce site réside également dans son isolement - les milieux similaires à celui-ci sont situés à plusieurs dizaines de kilomètres -, ce qui en fait un isolat relictuel de biodiversité, véritable réservoir génétique perdu au sein d'un environnement largement dominé par l'agriculture moderne.
