Ce petit parcours champêtre permet de se promener sur trois communes: Rots, Lasson et Rosel. C'est un chemin qui peut se faire aisément en famille. C'est un parcours que j'empreinte très souvent lors de mes footings dominicaux. C'est très agréable, un savant mélange de chemins, de petites routes à la découverte du patrimoine local et de chemins herbeux!
Mais n'oubliez jamais que vous êtes sur un parcours sportif !!
L'ensemble de l'église avec son beau clocher roman, du vieux cimetière bordé de murs de pierre est, à coup sûr l'un des plus agréable de cette campagne proche de Caen. Il est difficile de dater exactement l'église qui paraît postérieure au clocher. Le rôle protecteur de la Tour était si important que l'on peut imaginer une église primitive en bois flanquée de l'actuel clocher. Extérieurement celui-ci, apparaît d'un exceptionnelle perfection. Tout l'art du XIIème siècle joue uniquement sur les proportions et sur quelques jeux de lignes. Ses deux niveaux, le premier aveugle, le second avec les baies des cloches offrent toutes les caractéristiques d'un style "roman-normand" d'une parenté certaine avec la tour de Bény-sur-Mer ou les grands clochers de St Etienne de Caen. Il devait être surmonté à l'origine par une pyramide de pierres plus basse avant l'édification de son actuel couronnement, plus élancé...
L'Eglise elle-même daterait en partie du XIIIème ou du début du XIVème siècle avec plusieurs campagnes de travaux. Les voutés du choeur, les plus anciennes puis celles de la partie centrale laissent à penser que l'on a envisagé de pousser plus loin les ogives puisque par manque de moyens, l'on s'est limité à couvrir la nef en bois. A l'extérieur une trace de porte, sans doute du XVème siècle apparaît sur le mur nord alors qu'au sud on peut admirer une petite porte, récemment rouverte, entourée de colonnettes plus caractéristiques du XIIIème siècle. Au XVIIIème siècle l'on édifia trois autels de type baroque et la chaire. Au XIXème siècle, par souci de confort, des lambris de style gothique furent posés sur les murs.
Dans les années 1930-50, le curé était l'abbé Bourdon, très forte personnalité qui montra ses qualités exceptionnelles pendant le débarquement. Passionné de son église, il remplaça d'abord les vitres en grisaille par les vitraux actuels et les autels baroques par ceux que l'on voit et qui furent l'ouvrage des derniers tailleurs de pierre de notre village. En 1944 un obus atteignit la face nord du clocher, heureusement vite restauré ainsi que la toiture. Vers 1980, une nouvelle cloche fut fondue et placée dans la flèche pour remplacer la "moyenne", fêlée pendant la guerre. Puis une nouvelle campagne de travaux fut entreprise : réfection de la toiture, suppression des lambris du chœur ce qui permit la réouverture de la petite porte sud et la mise en valeur d'un lavabo du XIIIème siècle, restauration du clocher avec suppression de la cloison qui séparait la belle charpente basse voutée d'ogives primitives du reste de l'église. A la même époque, un petit orgue à tuyaux remplaçait un vieil harmonium.
La tour contient trois cloches, la plus grosse fut offerte au XIXème siècle par un anglais, Lord Russel, descendant de lointains seigneurs du lieu, qui avaient participé à la conquête de l'Angleterre en 1066.
On terminera la visite en admirant deux grands tableaux du XVIIème siècle très récemment restaurés.
Que ce soit dans sa construction, dans les différentes campagnes de restauration, dans le rôle qu'elle a joué dans l'histoire de notre village, l'église est l'œuvre et le bien commun de Rosel, de la plus grande beauté, que nous devons transmettre à nos successeurs.Puisse-t-elle pour longtemps égayer, par la grâce de ses lignes et de ses matériaux, par les sonneries de ses cloches, notre vallée de la Mue et le paysage qui la domine.
Pour les plus grands (ou alors si les plus grands peuvent filer un coup demain aux plus petits), vous pouvez jeter un œil avant de rentre dans l’enceinte du cimetière au colombier de Rosel (propriété privée) qui est en parfait état.