Rond Royal
Edifiée par Alfred Chapon, architecte de la compagnie de Suez, l'actuelle copropriété "Castel de rond Royal", ex-hôtel de Rond Royal, est située à Compiègne sur l'avenue Royale, percée bordée d'arbres majestueux, qui mène directement au château.
Il s'agit bien là en effet d'une des plus prestigieuses adresses de la ville de Compiègne, une sorte de « must », comme l'affichent parfois les agents immobiliers en charge de la vente d'un de ses appartements.
Prix Nobel en 1912, le désormais très controversé Alexis Carrel, chirurgien et physiologiste français, exerçait aux Etats Unis au sein de l'institut Rockfeller quand éclata la grande guerre.
Ses travaux portant sur l'infection des plaies, le médecin se voit confier la charge d'un hôpital devant être situé au plus près du front pour répondre le plus rapidement possible à la gravité des blessures. C'est l'hôtel de Rond Royal qui est alors réquisitionné.
Alexis carrel s'y entoure de chimistes, biologistes, bactériologistes, et d'une équipe d'infirmières (dont sa propre épouse) au dévouement sans faille. L'hôpital reçoit donc en permanence une centaine de blessés arrivant directement du front, pour certains dans un état très grave et c'est au premier étage de l'hôpital que sont traités ces cas les plus désespérés.
Drainages, irrigations, solutions d'hypochlorite de soude sont toutefois autant de procédés conçus par l'équipe médicale pour faire face à la gangrène qui menace continûment. Même si tous les blessés ne peuvent être sauvés, la méthode Carrel est reconnue comme étant l'une des plus grandes avancées de l'époque dans le domaine de la technique antiseptique. C'est ici qu'avec le chimiste Henry Drysdale Dakin ils développèrent le célèbre antiseptique, encore utilisé de nos jours: l'eau de Dakin, communément appelé «Dakin».
Le printemps 1918 voit s'accentuer les combats. Dans la nuit du 22 au 23 mars 1918 l'hôpital est la cible des bombardements ennemis. Un Gotha lâche plusieurs bombes sur l'édifice et le rez-de-chaussée de l'hôtel est soufflé par la déflagration. Les dégâts sont importants. On parvient tout de même tant bien que mal à descendre les blessés dans les caves.
C'est alors l'évacuation, puis le repli sur Paris...
Aujourd'hui, l'immeuble a été reconstruit à l'identique et rien ne semble avoir changé depuis la photo... si ce n'est les plaques que vous pourrez voir sur la façade, qui rappellent vaguement que ce lieu est chargé d'Histoire.