Les établissements militaires de Bourges
A l'origine, il y a une position géographique favorable, par rapport à Paris, les autorités pensant que le Berry et Bourges pouvaient constituer une excellente zone de replis.
1793 : il y eut, en pleine Révolution, des tensions à la Convention, et pour éviter de subir les pressions de la rue parisienne, plusieurs Conventionnels demandèrent que la Convention, c'est à dire les Députés soient à Bourges et non à Paris.
1815 : c'est à dire à la fin, Napoléon premier, qui n'est jamais venu à Bourges dira de la ville :"c'est un important centre stratégique".
Cette notion de réduit stratégique va occuper plusieurs hommes politiques à partir de 1830. Deux noms sont à mettre en avant :
- le colonel Marnier, chef de cabinet du ministre de la guerre, originaire de Bourges, il voit cette région du et la frontière de la Loire, comme un bienfait.
- le maire Mayet Génétry, mobilise la population pour avoir le financement d'un polygone de tir. Son objectif est de permettre l'installation à Bourges d'un régiment d'artillerie. Il faut construire un réduit naturel et stratégique au centre de la France disent ces deux hommes.
La municipalité intervient pour le financement, et Bourges, en 1837 se retrouve avec un Régiment d'Artillerie, avec 1400 hommes et 1300 chevaux.
1845 : Bourges obtient son dépôt d'artillerie.
Avec l'arrivée du Chemin de Fer (1847), la ville peut progressivement se transformer en un vaste arsenal dans lequel les armées viendraient "s'alimenter en matériel et munitions".
1853 : c'est la création du premier polygone de tir, il a 2 Km de long.
Il y a une volonté unanime des représentants de Bourges pour demander au Ministère "l'organisation dans la ville de Bourges d'Etablissements Militaires".
1860 : en raison de sa position centrale, Bourges fut choisie pour être le centre de l’armement sous le Second Empire. La ville voit s’implanter la fonderie de canons (1866), l’arsenal, la direction de l’artillerie, l’école de pyrotechnie ainsi qu’un champ de tir.
L'Ecole de Pyrotechnie a été fondée à Metz en 1824 pour l'instruction des pyrotechniciens de l'armée et l'étude de la fabrication des artifices, étoupilles et fusées autopropulsées. Elle est transférée, pour des raisons de sécurité, à Bourges au cours de la décennie 1860. Les travaux de construction débutent en 1867 et s'achèvent en 1870. Chargée dans un premier temps de la formation, l'Ecole de Pyrotechnie s'oriente ensuite vers la fabrication de munitions pour l'artillerie et l'aviation.
Durant la première guerre mondiale, la production journalière est de 80 000 cartouches, 40 000 fusées d'amorçage et 700 kg de fulminate de mercure (utilisé dans la fabrication des amorces).
Entre les deux guerres, l'Ecole de Pyrotechnie met au point de nouveaux procédés et construit des ateliers plus fonctionnels.
1967 : elle est regroupée avec l'ABS (Atelier de Construction de Bourges) pour constituer l'Etablissement d’Etudes et de Fabrication d'Armement de Bourges (EFAB) qui passe au GIAT puis à GIAT Industries.
Le site de l'Ecole de Pyrotechnie n'a pas bénéficié d'un réel ordonnancement comme la fonderie de canons toute proche. La caserne des artificiers et les logements des officiers de l'administration construits en 1870 sont à un étage carré plus comble. La toiture est à longs pans couverte d'ardoise. Les deux pavillons latéraux de part et d'autre de l'entrée de l'Ecole de Pyrotechnie sont en rez-de-chaussée, leurs couvertures en terrasse. Tous les encadrements des baies sont en pierre, les chaînages d'angle en pierre de taille. Le portail d'honneur et les grilles sont en fonte coulée à la fonderie de Mazières à Bourges. Il est surmonté des emblèmes des artificiers. Parmi les grands faits de cette époque de l'avant-guerre de 1914 à Bourges, il y a l'évolution des Etablissements Militaires. Ils comprennent l'Ecole Centrale de Pyrotechnie,
laquelle fut transférée de Metz à Bourges à la suite d'un Décret Impérial de 1860, mais l'installation effective ne date que de juin 1870.
LA DATE CLE : 1860, L'ARMEMENT S'IMPLANTE A BOURGES
Les Etablissements Militaires, c'était aussi à Bourges, l'Atelier de Construction de Bourges, qui vit le jour en 1860 ; il était alors appelé "La Fonderie Impériale de Canons de Bourges". A partir de 1870, tous les grands canons vont sortir de Bourges. Les matériels "Reffye" de 7 et de 8, la famille des "De Bange", construits en 5000 exemplaires, puis le 95 mm de Lahitolle, du nom d'un Ingénieur remarquable, Perrier de Lahitolle qui est le véritable "père" des constructions des canons de Bourges. Henri Périer de Lahitolle, (1832-1879), était un lieutenant colonel de l'artillerie et fut notamment l'inventeur du canon de 95 mais fut aussi le directeur des établissements militaires de Bourges en 1875.