
La fontaine et les Halles Denis Béalet
En 1477, une pétition met en évidence l’absence dans la ville d’un point d’eau public permettant l’approvisionnement en eau potable ; la seule source
est alors celle de la Cougère, située à plusieurs centaines de mètres hors la ville.
Cette requête aboutit en 1483 à la création d’une canalisation en plomb et en bois conduisant l’eau de cette source jusqu’au “carrefour” de la ville.
Sa création témoigne de la prospérité de la ville de La Ferté-Bernard qui se dote sous l’impulsion des notables d’équipements publics.
L’édicule actuel, constitué d’un bassin octogonal et d’un obélisque en granit diamanté d’Alençon est probablement créé en 1651 aux frais de Robert Hoyau.
Dans la rue Carnot, anciennement rue des Porches et rue Notre-Dame, se situe l’ensemble de maisons en pans-de-bois le mieux conservé de la ville. Leurs élévations en encorbellement ont été pour la plupart épargnées par les plans
d’alignement. Ces maisons abritent comme jadis des commerces au rez-de-chaussée et des logements dans les étages.
Leurs décors sculptés indiquent leur fonction commerciale ancienne. Ainsi
aux n°7 et 10, la présence de grappes de raisin ou de grotesques encadrant au premier étage un voyageur et une sirène évoque l’activité des
tavernes. Le n°10 conserve aussi au troisième niveau le reste d’une représentation de la lapidation de Saint-Etienne.
Les halles, une architecture civile des XVe et XVIe siècles, reflet de prospérité
Les premières mentions des halles de la Ferté-Bernard remontent à la fin du XIVe siècle. Leur création devant l’entrée du château, probablement à l’initiative des seigneurs, est révélatrice du développement de la ville à la
fin du Moyen-Age.
Le bâtiment actuel résulte de plusieurs phases de travaux dont les deux principales semblent être l’édification de la charpente actuelle dont
témoigne un marché passé en 1477 et la reprise en sous oeuvre des maçonneries de l’édifice en 1536, à l’initiative de Antoinette de Bourbon,
veuve de Charles de Lorraine, seigneur de la Ferté.
Dès la fin du Moyen-Age, les halles assurent une double fonction, commerciale et judiciaire. Le rez-de-chaussée est dévolu à la vente des toiles, des grains et des viandes et l’étage sert de salle d’audience pour l’exercice de la justice
seigneuriale et les assemblées du conseil des habitants.
L’édifice présente un plan simple et une élévation monumentale. Haute de 20
mètres, la façade principale, à deux niveaux, est structurée en trois travées coïncidant avec la division intérieure en trois espaces séparés par des piliers en chêne, soutenant depuis la base de l’édifice une impressionnante charpente visible depuis l’étage.
Equipement fonctionnel, les halles ont pour seuls éléments de décor quatre sculptures agrémentant le pignon. La principale est celle de Saint-Louis, patron des marchands et des hommes de justice, placée dans une niche au décor Renaissance dominant de grandes baies.

Le pignon est encadré de crossettes ornementées de deux lions portant autrefois les armoiries de la famille de Lorraine. Enfin, l’extrémité du faîtage est couronnée d’un aigle.
Restées propriété de la famille Richelieu sous la Révolution, les halles sont rachetées par la commune en 1810. Si l’étage sert partiellement à l’exercice de la justice de proximité jusqu’en 1976, le rez-de-chaussée n’est plus utilisé pour le marché, d’où le projet d’y établir une
salle des fêtes en 1899, usage conservé actuellement. Inscrites en tant que
“Monument Historique” en 1973, les halles ont rouvert au public en avril 2008 après une restauration générale de l’édifice pendant trois ans.