
L’église Notre-Dame-des-Marais
L'église Notre Dame des marais est un remarquable édifice de la fin du Moyen-âge et de la Renaissance. Elle est citée dans de nombreux ouvrages des historiens de l'art et architectes comme Viollet le Duc, Emile Mâle, Henri Zerner. Elle est réputée pour son choeur de style Renaissance, ses vitraux, ses bas reliefs son orgue au buffet en nid d'hirondelle. Elle a été construite en 4 étapes : la nef vers 1450-1480, le clocher 1480-1500, le choeur 1500-1596 et une chapelle sépulchrale devenue la sacristie 1616-1624.
C'est une simple église paroissiale qui était située au coeur de la ville de la fin du Moyen-âge mais son ampleur et sa beauté montrent la richesse de la Ferté-Bernard et de sa région autour de 1500 ainsi que la piété des populations. C'est aussi le fruit des faveurs de la monarchie qui a voulu remercier cette ville, située aux frontières du domaine royal et des possessions des Plantagenêts, de sa fidélité aux rois de France pendant la guerre de cent ans. En conséquence, les rois ont autorisé l'utilisation d'une partie des impôts destinés aux restaurations des remparts pour financer la construction de l'église. François premier est intervenu pour obtenir que les membres de la confrérie saint Sébastien qui collectaient les fonds pour construire le choeur bénéficient en échange des indulgences.
L’érection de la chapelle Notre-Dame au rang d’église paroissiale en 1366 entraîne l’ouverture d’un chantier de reconstruction de l’édifice.
Cependant, retardés par les difficultés liées à la guerre de Cent Ans, les travaux ne débutent véritablement qu’après la fin des troubles, vers 1450. La prospérité économique et l’essor démographique favorisent l’afflux de dons royaux et seigneuriaux relayés par ceux d’une bourgeoisie montante. Néanmoins, il faut pourtant un siècle et demi pour construire une église dont les dimensions sont hors de proportion avec les besoins d’une population qui n’excède pas mille habitants.
Le chantier s’ouvre par la construction de la nef et de la tour dans la seconde moitié du XVe siècle, et il se poursuit au début du XVIe siècle par la création d’un choeur à trois chapelles rayonnantes munies de voûtes plates entre 1520 et 1545. L’édifice est finalement achevé en 1596.
Si sa structure est de style gothique, son décor évolue au fil de l’avancement de la construction. La nef et son portail occidental sont ornementés d’un décor purement gothique dont la sobriété contraste avec le choeur, conçu à l’image des édifices majeurs avec ses trois niveaux d’élévation contrebutés
d’arcs-boutants. Son décor, concentré sur la façade sud tournée vers la ville, est enrichi d’une ornementation de style Renaissance particulièrement
foisonnante, mêlant les évocations religieuses comme le Regina Coeli Laetare et l’Ave Regina Coelorum sur le gardecorps,
et le répertoire ornemental italien associé aux surprenantes images profanes de Jules César et Cléopâtre. Le caractère exceptionnel de l’édifice est lié à l’émulation entre les donateurs du chantier dont la mémoire est conservée par leurs armoiries sculptées sur les clefs de voûtes ou associées à leur représentation en prière dans les quelques trente-cinq vitraux que compte l’édifice.
Définitivement terminée en 1624 par la construction d’une chapelle funéraire rapidement convertie en sacristie, l’église Notre-Dame-des-Marais est représentative du foisonnement intellectuel à la charnière des XVe et XVIe siècles.
En effet, si le plan et l’élévation de l’édifice
restent caractéristiques de l’architecture gothique, le décor inspiré par l’Antiquité illustre remarquablement la Renaissance.
Le caractère exceptionnel de l’édifice a suscité son inscription sur la première liste des Monuments Historiques créée en 1840 par Prosper Mérimée.
Depuis, elle fait l’objet de travaux réguliers qui concourent au XIXe siècle à
renforcer son caractère gothique comme le révèle la transformation du portail sud au moment de l’aménagement de la place Carnot. Depuis les années 1990, les campagnes de restauration ont repris à l’initiative de la mairie en partenariat avec l’Etat et les collectivités territoriales.