LES MOULINS D'AUTREFOIS...
La ville de Sainte-Ménehould a eu plusieurs moulins qui ont connu, au cours de l’histoire, des fortunes diverses.
Elle possédait un moulin installé sur l’Auve et qui portait le nom d’Amilaville ; restauré en 1208 il fut endommagé par un important incendie qui détruisit les quartiers de Florion et Saint-Pierre en 1578 ; utilisé pour moudre le blé, son rendement s’était révélé insuffisant notamment en période de guerre.
En 1579 deux bourgeois de la ville sollicitent auprès du Conseil du roi l’autorisation de construire à leurs frais, sur la rivière de l’Aisne et dans l’intérieur de la ville, un moulin à moudre le blé. Il fallut l’appui des habitants, l’argument que les deux moulins de l’époque, sur l’Auve, celui d’Amilaville et celui de Gergeaux, éloigné de la ville étaient très vulnérables pendant les affrontements, pour obtenir l’autorisation et retenir, comme lieu de construction, le lieu-dit « les Arches ». Complètement terminé en 1589, le moulin des Arches était situé sur l’Aisne, près des murs de la ville.
C’est à cet endroit et à proximité des vannes qu’un nouveau moulin vit le jour : le moulin des Prés. Il resta un moulin à farine jusqu'à ce que l’industrie des phosphates ne connaisse un grand développement en Argonne ; vers 1875, il permettait de transformer des nodules de Phosphate de chaux, ou de coquins en une poudre fertilisante. Il gardera cette fonction jusqu’en 1937 où il fut cédé, avec ses dépendances, à la ville de Sainte-Ménehould. Les combats de 1940 entraînèrent sa destruction et celle du pont tout proche qui franchissait l’Aisne. De nos jours, il reste « la rue du Moulin ».
L’industrie des coquins a connu une croissance rapide sur trois decennies. Elle connu une apogée dans les années 1880 et un déclin, dés la fin des du XIXe siècle.
Les origines « des coquins »
A l’instar de la concurrence flamande et anglaise, l’agriculture française est en plein essor au XIXe siècle, surtout en 1850. Pour répondre à des besoins alimentaires nouveaux et grandissants, elle doit augmenter sa productivité. Après avoir épuisé plusieurs formes d’engrais animal (le phosphate d’os et de poisson) les agriculteurs se sont mis à la recherche d’un engrais phosphaté. En creusant des puits pour l’extraction de leur minerai de fer, les mineurs de Grandpré rencontraient le ou les bancs de nodules de Phosphate. Par leur taille (la taille variant de la noisette à la grosse pomme) et leur forme de reins, ces nodules, rappellent d’une part, les testicules de coq, d’autre part, des crottes fossiles. Ils sont de couleur grise, verte ou bleu foncé. Ces ressemblances ont amené, bien avant 1855, les mineurs de Grandpré à les nommer les coquins. Leur similitude avec des crottes fossiles leur a valu le nom savant de coprolithes.

