La route du Tōkaidō relie Edo (ancien nom de Tokyo) à Kyoto. Son tracé initial remonte au XIe siècle. Cette route est la plus connue des « Cinq Routes » du shogunat Tokugawa. Ces « Cinq Routes » (五街道, Gokaidō) sont les cinq voies majeures (街道, kaidō) qui partaient d'Edo. La route prend toute son importance à l'ère Edo, à partir de 1603.
La route part du pont Nihonbashi (日本橋« le pont du Japon ») à Edo, pour se terminer au pont Sanjō Ōhashi (三条大橋), à Kyoto. Elle est jalonnée de cinquante-trois relais distants en moyenne de quatre ri (un ri représente environ 2 km). Les relais sont souvent situés dans des sites pittoresques, ou près de sanctuaires bouddhistes ou shinto, et offrent, non seulement des auberges pour passer la nuit, mais aussi des restaurants ou des commerces vendant des spécialités locales. On y trouve aussi tout l'indispensable pour voyager dans de bonnes conditions : écuries, palefreniers, portefaix, guides...
La route est parcourue par les daimyō, des puissants gouverneurs féodaux. Ils emmenent avec eux leur suite, qui peut compter de cent à deux mille personnes. Mais cette route est aussi parcourue par les marchands, les pèlerins et bonzes, et même des touristes.
Les voyageurs du XVIIe siècle mettent pratiquement deux semaines à parcourir les 500km reliant ces deux villes. Ils font le trajet à pied la plupart du temps, mais aussi à cheval, en logette de bambous tressés (kago) ou en palanquin (norimono).
Le Tōkaidō a inspiré de nombreux artistes d'ukiyoe (estampes japonaises gravées sur bois) dont Hokusai et Hiroshige.

3e station : Kanagawa-juku
Kanagawa-juku (神奈川宿, Kanagawa-juku) était la troisième des cinquante-trois stations du Tōkaidō. Elle se trouve à Kanagawa-ku dans la ville de Yokohama, préfecture de Kanagawa au Japon. Nombre de ses éléments historiques furent détruits par le séisme de 1923 de Kantō et les bombardements de la Deuxième Guerre Mondiale.