
LE SERPENT ARC-EN-CIEL.

"C'était lors d'une vague de chaleur d'une gravité exceptionnelle. On étouffait littéralement. L'air chaud
vibrait sur la prairie roussie, les lacs et rivières étaient à sec, les sources taries. Bêtes et gens cherchaient un abri
précaire à l'ombre des maigres feuillages. Les habitants d'un coin particulièrement touché se lamentaient : "Hélas,
nous en périrons tous !" "Les troupeaux nous quittent. Ils vont à la recherche de l'eau !" "Les poissons sont partis
avec la dernière eau de nos rivières". "Les roses elles-mêmes ne nous laisseront pas une graine à croquer. Elles se
fanent toutes avant même de s'épanouir".
Ces lamentations émurent un petit serpent à écailles. Ce n'était pas un serpent ordinaire. Sortant de sa
cachette, il s'adressa d'une voix humaine à ces gens désolés, et ils en furent assez surpris. Le serpent leur dit tout
de go : "J'ai de grands pouvoirs magiques, et j'ai décidé de vous venir en aide. Tout ce que vous aurez à faire, c'est
de me jeter dans le ciel". "Mais tu vas retomber et te briser l'échine", répondit le sorcier du village. Il était considéré
comme le plus grand magicien de la région, et le serpent ne lui inspirait aucune confiance. Puis, il craignait la
concurrence ! "Je ne vais rien me briser du tout !" repartit le serpent. "Je m'accrocherai au ciel avec mes écailles, et
en même temps j'y gratterai un peu de pluie et de neige à votre intention. La prairie, là-haut, est en glace bleue".
Le sorcier n'abandonnait pas son opposition: "Mais tu es bien trop petit !" protestait-il encore. "Qu'à cela ne tienne
! Je peux ramper d'un bout à l'autre de l'horizon. Allez-y, lancez-moi de toutes vos forces, aussi haut que vous le
pourrez !"
Le sorcier ne souffla plus mot, mais saisissant le serpent qui s'était lové, il lança rageusement vers le ciel, de
toutes ses forces, comme pour s'en débarrasser à jamais. Dans son envol, le serpent se déroula. Il devenait de plus
en plus long. Il s'étira tellement qu'à la fin sa tête et sa queue touchaient à la terre, de chaque côté de l'horizon,
tandis que son épine dorsale s'incurvait en suivant la voûte céleste. Il se trémoussait un peu pour gratter la glace
du ciel avec ses écailles. Comme il grattait tant et plus, son corps se mit à changer de couleur, passant du rouge au
jaune, au vert, au bleu, au violet.
La glace du ciel commença à fondre, et les gouttes de pluie tombèrent sur la terre, en ondée bienfaisante.
Tout renaissait. L'eau revenait dans les rivières, les sources chantaient, les animaux revenaient vers le sol natal, les
roses s'épanouissaient. Et les Indiens ? Dans leur joie, les Indiens levèrent le visage vers le ciel. Ils laissaient la pluie
arroser leurs corps et leur redonner la vitalité. Et, sous la douche céleste, ils se mirent à danser en l'honneur du
serpent qui, depuis ce jour-là, continue à incurver son corps élastique, tel un ruban coloré, chaque fois qu'il pleut,
un jour de soleil. "
Contes des indiens d'Amérique
D'arpès l'artice "paytime on joue ?" parrut dans "le pont 9" (journal distribué aux habitant de cleunay, arsenal et la courrouze, une expication de cette oeuvre est donné.)
L'association "courrouz'if" à réaliser cette oeuvre afin de questionner "les barrières" et "cloisonnements" qui nous entourent et que l'on ne voit plus toujours (digicodes, frontières symboliques entre quartier...)
En plus de l'oeuvre, des lattes de ganivelle ont été peintes en rouges un peu partout dans le quartier, à vous de les compter....
Il n'est pas nécéssaire de franchir ou abimer les clôtures non loin de la cache 
il y a un accès tout à fait dégagé.
Merci.

