Un peu d'histoire pour commencer: qui était St Achaire ?
ACHAIRE ou ACAIRE (Saint), fut évêque de Tournai et de Noyon, dans la première moitié du viie siècle. D’abord moine à Luxeuil, en Bourgogne, il devint ensuite évêque de ce double diocèse. Le lieu de sa naissance et son origine sont restés inconnus ; mais on a lieu de croire qu’il appartenait à une famille distinguée, car il vécut avec les jeunes gens de sang illustre dont l’abbé de Luxeuil, saint Colomban. Il appartint à cette brillante école monastique, au moment même où elle était à son plus haut point de splendeur ; on l’y rencontre dès l’an 594, et il y eut pour émules en science et en vertu, saint Cagnoald, évêque de Laon, saint Donat, évêque de Besançon, saint Hermenfroi, évêque de Verdun, saint Agile, saint Valeri et une foule d’autres moins célèbres.
A ce qu’il paraît, Achaire fut appelé à occuper les sièges réunis de Tournai et de Noyon, à la mort de l’évêque Évroul. On ignore en quelle année et à l’instigation de qui il fut nommé évêque ; mais il l’était en 627, et l’on présume qu’il fut demandé à Saint-Eustase, vers 621. Sa grande science le rendait digne de l’honneur de l’épiscopat, et son zèle suffit à la tâche si difficile de gouverner deux diocèses très-étendus.
S’il trouva un courageux auxiliaire dans saint Amand, il coopéra, de son côté, au succès des travaux de cet illustre apôtre, qui exerça particulièrement ses fonctions pastorales dans la Gaule belgique, plongée encore, en grande partie, dans le paganisme et la barbarie.
Achaire seconda ses efforts. Aimé et vénéré des rois Clotaire II et Dagobert Ier, il usa de son crédit près de ces princes pour faire appuyer par l’autorité temporelle la prédication de l’Évangile et la propagation de la civilisation dans cette partie de nos provinces où le christianisme avait le plus de conquêtes à faire.
Il demanda à Dagobert des lettres qui permirent à saint Amand de se présenter avec plus de sécurité au milieu des sauvages habitants du nord de la Flandre et du Brabant ; il obtint aussi du même prince, comme de son successeur, plusieurs priviléges en faveur de son troupeau et des aumônes pour les pauvres et les malheureux.