Petite série sur le manoir de Lébioles, je vous conseille de la résolue dans l’ordre :
Manoir de Lébioles – 1 –coté jardin
Manoir de Lébioles – 2 – Cascade de HALDEBOEUF
Manoir de Lébioles - 3 - Fond Crasse
Manoir de Lébioles – 4 - La roche plate
Manoir de Lébioles – 5 - Là haut
Manoir de Lébioles – 6 – Le manoir
Manoir de Lébioles - 7 - RIP
Manoir de Lébioles - 8 - L'étang
Manoir de Lébioles - 9 - Le retour
Dans le rapport de l’année 1911 de la société Spa-Attractions présidée par monsieur Leboutte on peut lire :
Monsieur le Colonel Plucker, membre du Comité et Vice- Président, ayant entendu parler de Haldeboeuf, fut tenté de savoir ce que cachait cette appellation assez étrange. Monsieur A. BODY, consulté par le Colonel, donna les premiers renseignements sur Haldeboeuf et sur sa situation topographique au-delà de Winamplanche sans pouvoir préciser l’endroit. Grâce à la persévérance du chercheur, Haldeboeuf fut bien vite découvert.
L’accès en était tellement difficile, que la première fois que je fus amené à cet endroit sauvage, il fallut ramper et s’accrocher partout pour juger des merveilles de cette crevasse énorme. Le travail me parut dès l’abord très difficile et très coûteux pour nos modestes ressources. Le Colonel Plucker amorça l’affaire par la promesse d’un don pour faire face aux premières dépenses.
On reconnut l’absolue nécessité de faire des escaliers d’un bout à l’autre à l’aide de traverses et de piquets de fer mais il fallut abandonner l’idée du bois et l’on se décida pour des escaliers en pierre. Ce fut notre cantonnier qui, en douze jours de temps bâtit la centaine d’escaliers pour arriver au ponceau qui se trouve en amont sur le chemin qui relie Tolifaz à la route de Desnié.
Cette œuvre fut achevée en rendant viable la seconde partie du ravin par un sentier, des escaliers, un gué et une passerelle en fer. Un banc a été construit à l’entrée de cette seconde section pour servir de repos aux visiteurs et surtout à l’infatigable explorateur qu’est le Colonel. Cet endroit est superbe à la fonte des neiges ou après des pluies abondantes.
La société « Spa-Attractions » fut fondée par l’historiographe et archiviste Albin Body, le 15 décembre 1894. Le règlement de cette association contenait 22 articles. Cette société avait pour but d’attirer et de retenir les étrangers à Spa, de leur rendre le séjour de plus en plus agréable en améliorant et en augmentant toutes ses attractions.
Il convient de féliciter le groupe d’adolescents et d’adultes de Desnié qui ont nettoyé les marches et les ravins de la cascade Haldeboeuf. Ils ravivent la mémoire de ce site remarquable qui connut la célébrité au début du XXe siècle.
Le guide des promenades de Spa de « Spa Attractions » (Bruxelles, Ed. de Boeck, 1926, p. 65) en fait la description suivante, quelque peu dithyrambique :
« La cascade Haldeboeuf constitue une des plus belles attractions des environs de Spa. C’est une crevasse énorme qui part du haut de la montagne jusqu’à l’Eau rouge qui coule au pied et reçoit l’eau du torrent. Les eaux abondantes… ont creusé le sol à une grande profondeur, découvrant des rochers et des blocs erratiques, creusant dans la pierre des rigoles capricieuses, ressemblant à celles du Ninglinspo.
Spa Attractions avait fait construire au moyen de dalles de schiste cent vingt escaliers, pour admirer de près le cours de ce torrent qui forme neuf cascades… »
En fait, cette cascade intéressante est souvent à sec.
Il convient d’écrire Haldeboeuf et non Halteboeuf, ce toponyme étant repris sous cette graphie dans les anciens guides touristiques, notamment le guide Cosyn « Spa », vers 1930. Le lieu-dit Haldeboeuf évoque vraisemblablement le riche passé sidérurgique des vallées spadoises. En effet, halde est un terme de métallurgie signifiant : Masse de matières qui provient de la gangue ou des minerais rebutés (Dictionnaire de la langue française, Littré 1863). Le mot halde n’est plus repris au petit Robert de 1977.
Merci à Bemi62 pour son Béta-Test
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