[SV]#83 LE MONUMENT DÉPLACÉ - [SV]#84 À L'OMBRE DU PHARE - [SV]#85 L'OBÉLISQUE DE LA SAMBRE - [SV]#86 LA CROIX DU SOUS-LIEUTENANT - [SV]#88 GLORIA IN ÆTERNUM - [SV]#89 UN POILU AU CARREFOUR - [SV]#90 LE CHAMP DE BATAILLE - [SV]#91 EN MÉMOIRE DE L'ABBÉ - [SV]#92 JOYEUX NOËL - FRÖHLICHE WEIHNACHTEN (F/D)

VEUILLEZ RESPECTER LE MONUMENT QUE VOUS DÉCOUVRIREZ. IL REND HOMMAGE À UN PETIT CAPORAL AYANT COMBATTU POUR NOTRE LIBERTÉ.
"Visant sa cible posément, le tireur d'élite fait mouche jusqu'à sa dernière cartouche, stoppant sur place l'Allemand. Il se bat désespérément ! Enfin, à son tour, il se couche et le sang coule de sa bouche. Un soldat breton ne se rend ! Il s'appelait Lefeuvre, Pierre. Aujourd'hui, le soldat de pierre guette au sommet de l'Hamion... Comme si soudain, la marée, pour emporter ce bastion, montait, hurlante, à la curée !" Extrait de O.-P. LE COUVREUR, Sous le signe du Phare breton, Sambreville, 1979.
Les 21 et 22 août 1914, dans le cadre de la bataille dite "de Charleroi", les troupes du Kaiser Guillaume II tentent de franchir la Sambre face aux armées françaises pour s'engouffrer dans l'Entre-Sambre-et-Meuse en direction de la France (pour une relation plus détaillée des faits, on pourra se reporter ICI).
C'est surtout dans les localités de Tamines et d'Auvelais que les troupes françaises essuieront les plus lourdes pertes. C'est dans ce cadre qu'il faut comprendre l'histoire du caporal breton Pierre Lefeuvre (24 ans) du 70e régiment d'infanterie. Posté entre Tamines et Falisolle sur la Tienne d'Hamion, celui-ci reçut l'ordre de nourrir un tir soutenu à destination de l'ennemi venant du fond de la vallée de la Sambre afin de ralentir sa progression. Son redoutable coup de fusil coûta la vie à un nombre impressionnant d'Allemands (53 auraient été dénombrés, dont 9 officiers de la Garde), avant que lui-même et son escouade soient mis hors de combat. En définitive, la vaillance de ces soldats ne fit que freiner l'avancée de la force mécanique allemande, plus nombreuse, mieux équipée et surtout davantage préparée du point de vue tactique grâce à l'appui d'une artillerie lourde et véritablement moderne.

Dès 1921, l'association des "Amitiés françaises de Tamines" évoque l'idée d'ériger un monument dédié à la mémoire des vaillants soldats français tombés au champ d'honneur dans les environs de Tamines. Une souscription sera lancée et remportera un franc succès, notamment avec l'appui de plusieurs entreprises de la région. L'emplacement choisi - entre Tamines et Falisolle - n'est pas anodin, car c'est de cette route que le feu nourri du caporal Lefeuvre et des ses compagnons d'armes furent tirés. Le nouveau monument (œuvre du sculpteur taminois Eugène Miche) sera inauguré le 29 juillet 1923, journée au cours de laquelle diverses cérémonies auront lieu au monument des combattants et à la place Saint-Martin où une modeste croix de bois attend encore l'érection du monument s'y trouvant actuellement.
Bien que le monument soit érigé à la gloire de l'ensemble des Français tués dans le cadre de cette bataille, la statue dominant le monument ne laisse planer aucun doute quant à l'identité du personnage. En tenue de 1914, il s'agit bien de l'effigie de Pierre Lefeuvre, représenté serrant fermement de la main droite le canon de son fusil et de sa main gauche un drapeau, torse bombé et pied en avant, défiant l'ennemi d'un regard appuyé.
Comme pour la plupart des monuments érigés à cette époque, l'image du soldat est ici idéalisée : propre sur lui, bien vivant, ce soldat est pourtant mort et a bien perdu la bataille malgré sa détermination ! Le monument originel (cf. photo ci-dessus pour l'ancienne version) - détruit sur ordonnance de l'occupant en mai 1940 et reconstruit à un autre emplacement avec modifications en 1974 - était plus imposant que dans sa version actuelle. Il revêtait un caractère empreint quasiment de religiosité, étrangement comparable à un retable de chœur d'église. La statue dominant celui-ci est semblable à une statue de saint, bien mise en évidence (centrée et en hauteur). Disparu aujourd'hui, ornant la grande plaque épitaphe en l'honneur du caporal, un casque orné d'une palme ne laissait aucune ambiguïté à ce sujet : la palme du martyre, souvent associée à la Passion du Christ et à sa résurrection, érige notre combattant ainsi que tous ses frères en immortels. Immortels dans nos âmes et dans nos cœurs, jamais ils ne pourront être oubliés, tant leur combat fut juste (leurs noms étaient d'ailleurs inscrits dans un large cercle, symbole de perfection). Leur mort se voit ainsi justifiée et consolatrice de bien des peines.
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Bibliographie sommaire : D. BALDIN et E. SAINT-FUSCIEN, Charleroi. 21-23 août 1914, Paris, Tallandier, 2012, p. 90-91 ; D. CONRAADS et D. NAHOÉ, Sur les traces de 14-18 en Wallonie. La mémoire du patrimoine, Namur, Institut du Patrimoine wallon, 2013, p. 112-113 ; L. MODAVE-GREGOIRE, Mémoire des monuments de Sambreville, Sambreville, 2007, p. 34 ; A. TIXHON, M. BRASSINE et Ph. BRAGARD, La province de Namur au cœur de la Grande Guerre. Guide du visiteur des commémorations 1914-18 – 2014-18, Namur, Éditiond de la Province de Namur, 2013, p. 28.
Pour trouver la cache, déterminez les valeurs de AB CD EF en vous aidant de la carte postale de 1914 présentée ci-dessous.
AB est la somme alphanumérique de ce que la Belgique avait en commun avec l'Allemagne et la France... CD est la somme alphanumérique de ce que la France avait d'autre en commun avec l'Allemagne... EF est la somme alphanumérique de ce que la Belgique avait encore d'autre en commun avec l'Allemagne...

Coordonnées finales : N50° 25.E (A + C) (B – C) E004° 37.D (F – A) (A – E)
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POUR GARDER TOUT L'INTÉRÊT DU JEU, MERCI DE NE PAS DÉPOSER DE PHOTO DE LA CACHE ET DE SES ENVIRONS IMMÉDIATS.
