Pendant l'accalmie qui suivit la guerre de Cent ans et qui correspond aux règnes de Louis XI et Charles VIII, le village de Lombron se repeupla aux dépens de Bresteau abandonné par ses seigneurs. La nef de l'église fut agrandie telle que nous la connaissons aujourd'hui; on abattit les murs de l'édifice primitif pour les reconstruire de façon à élargir la façade d'environ un mètre de chaque côté La nef actuelle mesure 16,80m de long et 9m de large; elle est éclairée par six fenêtres romanes qui furent restaurées, celles de gauche au XVIIème siècle, celles de droite au XIXème. Un ballet, petit préau de bois, précédait la façade.
Le clocher, élevé sur le carré du transept, comporte une tour carrée et un toit d'ardoise, pyramidal, surmonté d'une belle aiguille épannelée. Des chapelles furent érigées dans les côtés du transept; celle de droite, dans le croisillon ouest, était la chapelle seigneuriale, celle où se tenait le seigneur de Bresteau et les gens de sa maison; d'abord dédiée à Sainte-Catherine, elle le fut ensuite à Sainte-Barbe.

Deux curés de cette époque ont leurs épitaphes encastrées dans le mur : Jehan DUPIN, donateur de la terre du Haut Coutil, mort le 17 octobre 1409 et Gervais LE VERRIER, donateur de la maison presbytérale, décédé le 22 août 1513. En 1516, le seigneur de Bresteau fit refaire le pignon de la chapelle et ouvrir la belle fenêtre ogivale que Mathurin RAHET adorna d'un vitrail encore heureusement conservé.
Dans cette chapelle on voit aussi l'ancien banc seigneurial du XVIème siècle avec dossier aux armes des LAVAL-BOISDAUPHIN auxquels appartenait le patronage de la paroisse de Lombron depuis le mariage de Jean DE LAVAL, seigneur de Boisdauphin avec Renée de SAINT-MARS unique héritière du dernier seigneur de Bresteau. Ce banc a été classé monument historique par arrêté ministériel du 14 novembre 1905.
A gauche, dans le croisillon est, la chapelle de Lauresse, dont les châtelains voyaient croître leur puissance, fut d'abord dédiée à Notre-Dame de Pitié, plus tard au Sacré Cœur; voûtée entre 1450 et 1460 dans le style flamboyant elle porte à sa clef de voûte les armoiries des Taillement. L'autel porte aussi les blasons de Jacques TAILLEMENT et de Jacquette LECORNU son épouse, sire et dame de Lauresse dans la deuxième moitié du XVème siècle.
C'est aussi à l'époque de la Renaissance que le Christ en croix, sur la poutre de gloire, fut commandé à Jehan MARAYS, "ymaigier" résidant au Mans rue Saint-Vincent en 1546. On devait lui conduire jusqu'en sa demeure deux noyers dans lequel il tailla la statue du Christ, mais aussi celle de la Sainte Vierge et de Saint Jean, aujourd'hui disparues. En 1565, un autre "ymaigier" sculpta une statue de Saint-Martin, patron de la paroisse, et une de Saint-Sébastien, grand protecteur de la peste.

Vinrent les abominables guerres de religion (1562-1598); des bandes armées des deux bords ravagèrent nos contrées, pillant et rançonnant les malheureux habitants contraints, deux fois, de se réfugier dans leur église, en 1581 et en 1590. A cette funeste époque dominée par le brigandage succèdent enfin deux siècles de paix. Les MONTMORENCY-FOSSEUX sont alors devenues seigneurs de Lauresse depuis le mariage de Pierre DE MONTMORENCY avec Jacqueline d'AVAUGOUR en 1553. Leur petit-fils, Pierre II DE MONTMORENCY, seigneur de Lauresse, gouverneur du Perche épousa en 1627 Louise DE LOMBELON, fille de messire Alexandre DE LOMBELON, seigneur des Essarts en Normandie. Celle-ci fut une bienfaitrice de l'église et la tradition orale rapporte qu'elle broda pour le desservant un voile de calice et la magnifique chasuble, trésor de notre sacristie.