Dès le XIXe siècle, de nombreuses villas sont construites à Pau sous l'impulsion de la communauté anglaise et américaine qui séjourne dans la capitale béarnaise durant la période hivernale. La villa Ridgway est l'un des exemples les plus intéressants de cette période. Banquier à Philadelphie, Henri Ridgway est alors un des plus importants propriétaire de chevaux de France animateur de la vie mondaine, il est "Master of Fox hounds" de 1901 à 1910, c'est à dire maitre de chasse de renard.
En 1905, l'américain acquiertun terrain d'un peu plus de 6 ha entre les allés de Morlaas et L'avenue des Lilas, il confie à l'architecte palois Joseph Larregain (auteur également de la préfecture de Pau), la réalisation d'écuries pouvant abriter plus de 40 chevaux, ainsi que les 30 piqueurs chargés de leur entretien.
L'édifice, dont l'architecture classique rappelle les demeures des planteurs du sud des Etats-Unis, s'élève dans un vaste parc. La façade symétrique est ornée en son centre d'une colonnade néo-grecque à chapiteaux doriques, tandis que 2 sphinx gardent les marches de l'entrée. A l'interieur, la vaste entrée, elle aussi décorée de colonnes, ouvre sur un monumental escalier digne des fastes de Versailles.
Henry Ridgway meurt en 1911. Sa femme transforme la villa en hopital militaire pendant la grande guerre, puis la vend en 1923. Pendant quelques années, la "villa des allées" fut la propriété de l'administration départementale qui voulut y installer le siège du conseil général, puis y renonça. En 1930 Mrs Ridgway racheta sa maison et la paya presque quatre fois le prix qu'elle l'avait vendue. En 1954, la villa est achetée par le groupe Elf Aquitaine, qui démolie les écuries, réhausse l'édifice d'un étage et construit l'immeuble de la société dans le parc , aussi appelé "Le Piano"
Depuis 2002, la villa Ridgway est la propriété de la communauté d'agglomération Pau-Pyrénées. Réhabilitée en 2007 et débarrassée de sa surélévation, elle dispose désormais d'un beau parc ouvert au public.