Le conteur nous dit :
<< Epouses de marins ou de paysans, nous sommes lavandières. Nous travaillons par tout les temps à l'abri des mauvais vents dans les vallons, mais en plein air, au lavoir de Merlin. A genoux dans notre boîte à laver, armées de savon et d'un batouiller (battoir), nous blanchissons les draps de toile qui nous sont confiés. Nos coups de battoirs n'ont égal que la vivacité de nos discussions. Potins par ci, potins par là, plaisanteries et rires sonores nous entraînent vers de vigoureux rinçages et essorages. La bérouette (brouette) de linge mouillé se remplit, pour aller se faire "bouillir". D'un bon coup de rein, nous démarrons et remontons allègrement les côtes. Après un bol de café à la maison, c'est l'étendage, puis nous rendons à nos clientes du linge blanc comme neige, séché. Chaque soir là satisfaction d'un travail bien exécuté , nous fait oublier notre fatigue, nous préparant, sans regret, au labeur du lendemain. >>
Lavoir de Mervin
