CETTE MULTICACHE EST LE RÉSULTAT D'UN CONCOURS ORGANISÉ EN 2016-2017 DANS LE CADRE DE NOTRE COURS D'OPTION HISTOIRE (4 HEURES/SEM.) ET DES COMMÉMORATIONS DU CENTENAIRE DES DÉPORTATION DE 1916 À GEMBLOUX (CONSULTEZ NOTRE PROFIL). SIX TRAVAUX ÉTAIENT EN COMPÉTITION ET 8 LECTEURS GÉOCACHEURS ET NON-GÉOCACHEURS ONT PORTÉ LEUR CHOIX SUR CELUI-CI.

C’est le 22 novembre 1916, à huit heures du matin, sur ordre du gouverneur général, que de nombreux hommes de la commune de Gembloux ont dû se présenter sur la place Saint-Guibert. Pour la plupart, ils ne se doutaient pas que dans quelques jours, ils poseraient le pied sur le sol allemand. Cet ordre de rassemblement était en fait une "invitation" à la déportation émanant directement des plus hautes sphères de Berlin. Nous sommes en pleine Première Guerre mondiale, les divers fronts allemands ont dépossédé le pays de sa force de travail, en transformant les ouvriers en soldats. Un pays en guerre ne pouvant en fait pas se permettre de voir sa capacité industrielle affaiblie, le commandement germanique décide logiquement d’aller puiser dans les territoires occupés. Avec cette "géocache", nous vous invitons à découvrir cette sombre histoire dans laquelle Gembloux fut impliquée elle aussi…

La province Namur fut la plus touchée de Belgique, elle s’est vue enlever près de douze mille hommes. Gembloux contribua à elle seule à plus de 10 % de cette masse - Nous allons ici nous concentrer sur ce qui s’est passé à Gembloux ce matin de novembre. Les hommes sont rassemblés par l’occupant allemand. Après décompte, c’est vers la faculté d’agronomie que les 1600 infortunés font route. Pour pénétrer dans l’enceinte de la structure, la foule prend la direction du porche. Celui-ci deviendra, plus tard, en leur souvenir "le passage des déportés".

Monseigneur Th.-L. Heylen - Un événement a cependant perturbé l’organisation de la matinée : l’intervention de l’évêque de Namur, monseigneur Heylen. Cet homme préalablement refoulé par les Allemands a finalement réussi à pénétrer le dispositif en entrant par une discrète poterne. Mgr Heylen, en sa qualité d’ecclésiastique, a fustigé les officiers présents sur place en leur sommant d’arrêter d’enlever ces hommes car, pour lui, ils avaient le droit absolu de rester libres, avec leurs familles et de continuer leur vie au sein de leur partie. À son grand dam et en toute logique, les Allemands lui firent clairement comprendre, non pas sans avoir été passablement contrariés, que c’était hors de question. L’évêque, qui avait remarqué que dans d’autres communes des personnalités avaient été présentes lors de rassemblements similaires, menaça même les autorités allemandes de porter plainte au Gouvernement général si l’accès à la faculté ne lui était pas autorisé. Après d’âpres négociations, monseigneur Heylen obtint quand même l’aval de l’officier en charge pour rester à sa place. Trois heures durant, de sa présence, il rassura ces hommes perdus et leur fit comprendre qu'ils ne seraient pas des oubliés.

Première sélection - Déjà avant l’entrée, une première sélection eut lieu : les médecins, ecclésiastiques, avocats ou encore instituteurs ont été remis en liberté. Juste après, par petits groupes, les hommes sont orientés vers de simples sergents allemands qui, sans grande considération et après un examen rapide de la carte d’identité et du faciès, délibèrent du sort des hommes convoqués. À gauche, c’est la déportation et à droite, la liberté.

Sélection - Ceux qui ont été sélectionnés par les Allemands se voient contraints à deux choix : signer un contrat de travail volontaire qui leur permettra de vivre dans de meilleures conditions et même de voir leurs familles avant le départ ou alors de ne rien signer et d’être déporté de force sans sommation. Dans ce contexte de guerre et de ralentissement économique où le chômage et la faim guettent, il n’est pas incompréhensible que certains, une minorité, aient accepté de signer ces contrats. Quant aux engagés forcés, ils ont rapidement été orientés vers la gare de Gembloux, dans l’évident but d’être envoyés en Allemagne.
Déportation - Ce n’est non pas sans une patriotique résistance à grand coup de slogans que les Gembloutois sont parqués dans les wagons à bestiaux, mais sous les regards réprobateurs et froids du commandant allemand Tafel que les hommes sont finalement déplacés. Ces convois sont dirigés au camp de Cassel où ils seront pour la plupart employés pour des travaux agricoles. Le voyage se fait dans des conditions abominables, à l’image de ce que sera leur détention. Une fois au camp, bon nombre d’hommes refuseront le travail. Cependant, l’hiver arrivant et la faim se faisant ressentir, ce n’était plus par choix mais pour leur survie qu’ils ont dû se mettre à l’œuvre. Dans le cas contraire, jamais les Allemands ne les auraient nourris, aussi maigres qu’étaient leurs rations. La captivité fut meurtrière pour certains d’entre eux. Les plus forts résistaient tant bien que mal, tandis que les plus faibles se voyaient faiblir et, pour certains, mourir. En bref, une impitoyable sélection.
Retours - Les retours de captivité se suivirent à partir du début de l’année 1917. Cependant, c’est le 30 août seulement que les premiers déportés de Gembloux revinrent de Cassel, livides, affaiblis et abattus. Leur disparition fut très palpable pour les villages où leur force avait manqué, où ils avaient manqué à leurs familles.
Reconnaissance - Un arrêté royal de 1922 décerne à tous les déportés belges la "Croix du déporté" et leurs noms furent inscrits au même titre que ceux des soldats sur beaucoup de monuments, comme à Gembloux sur le monument en haut de la Grand Rue.

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Sources des informations et prolongements : documents et prise de notes lors de la visite du monument aux morts de la Grand Rue (21.10.2016) et lors de la visite de l'exposition de la Province de Namur relative aux déportations (au château du Bailli, 28.10.2016) ; photos (mises à disposition) d'É. Lauwers (cartes postales, monument aux morts, Faculté) ; récit de monseigneur Heylen, 26.11.1916 ; J.-C. DUJARDIN, Gembloux, la déportation des ouvriers, article extrait de H. LEGROS et a., Gembloux dans la tourmente de la Première Guerre mondiale, publication du "Cercle Royal Art et Histoire", monographie n° 4, Gembloux, Les Presses agronomiques de Gembloux, 2014, p. 163-179 ; B. MALTER, Une exposition pour se souvenir des déportés de 1916 , dans L'Avenir , 19.10.2016, p. 6-7 ; notes (mises à disposition) prises durant la conférence d'A. Tixhon à Sombreffe (21.10.2016) ; F. MASSON, La mémoire de la Première Guerre mondiale à travers les monuments aux morts de la commune de Gembloux, séminaire de politologie et d'histoire UCL (non publié), Louvain-la-Neuve, 1999.
Notre gratitude pour son aide à monsieur H. Legros du Cercle Royal Art et Histoire.
Liens web : Camp de prisonniers de Cassel ; Monseigneur Thomas-Louis Heylen ; La croix des déportés de 1914-1918 ; Ordres, décoratins et médailles de 1914-1918.
ENGLISH VERSION
POUR TROUVER LA CACHE...
Pour vous rendre au premier point d'observation (WP1) répondez aux questions suivantes...
1. Combien de Gembloutois se mettent-ils en route vers la Faculté le 22 novembre 1916 ? A = 400 ; A = environ 1600 ; A = 12 000
2. Quand les déportés de Cassel commencent-ils à revenir au pays ? B = 1916 ; B = 1917 ; B = 1918
3. En quelle année les déportés ont-ils été décorés ? C = 1917 ; C = 1918 ; C = 1922
> RENDEZ-VOUS AU WP1 : N50° 33. (C – A + 353) E004° 41. (C – B + 747)
WP1 : Répondez aux questions suivantes en observant le lieu...
1. Nombre de déportés gembloutois morts (Grande Guerre). A = 4 ; A = 6 ; A = 44
2. Quelle est l'année d'inauguration ? B = 1918 ; B = 1919 ; B = 1920
3. Un mot qualifie les déportés gembloutois. Combien de lettres comporte-t-il ? C = 5 ; C = 8 ; C = 10
> RENDEZ-VOUS AU WP2 : N50° 33. (B - 1232) E004° 41. (A X C + 734)
WP2 : Répondez aux questions suivantes, notamment en observant le lieu...
1. Ce bâtiment orné d'une plaque commémorative est un véritable témoin d'une époque. Quel titre spécial a-t-il reçu ? A = 55 Patrimoine protégé de Wallonie ; A = 75 classé à l'Unesco ; A = 95 monument historique
2. Flash-back listing. Un Allemand vous choisit pour la déportation, vous et vos deux frères. À l'entrée, on vous demande votre profession. Vous êtes médecin, un de vos frères est instituteur et l'autre agriculteur. Lequel d'entre vous rejoindra la file de gauche ? B = 125 Médecin ; B = 145 Instituteur ; B = 165 Agriculteur
> RENDEZ-VOUS À LA CACHE : N50° 33. (A + B + 538) E004° 41. (A + B + 394)
BONNE CHASSE !
L'accès au domaine de la Faculté (ancienne abbaye) est accepté pour raison touristique (parking cependant interdit). Soit vous entrez par la grande porte (le week-end, n'hésitez pas à pousser la petite porte), soit vous entrez un peu plus loin par l'avenue de la Faculté (N50° 33.843 E004° 41.816).
MERCI DE REMETTRE LE LOGBOOK ET LE TAMPON DANS LE SACHET ZIP, DE BIEN REFERMER LE BOÎTIER ET DE RESPECTER LE LIEU QUE VOUS DÉCOUVRIREZ.
TAMPON ENCREUR ET 'LOG BOOK' DOIVENT RESTER DANS LA BOÎTE. LES AUTRES OBJETS PEUVENT ÊTRE ÉCHANGÉS.
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