Au XVè siècle, le fiel de Blanmont dépendait de la seigneurie de Grand-Leez, elle-même soumise à la juridiction de Perwez. Cent ans plus tard, la Dame de Ligny qui en possédait le château vendit celui-ci à Jean de Kessel, dont le petit-fils Guillaume le transforma en un « bon et fort château » vers 1620. Ses descendants y vécurent jusqu’en 1756, date à laquelle les seigneurs de Blanmont reçurent le titre de barons. Divisé puis vendu un quart de siècle plus tard, le domaine appartint successivement aux Laloux, aux Namèche puis aux Everaert de Velp. Entre-temps, en 1542, le village de Blanmont avait été incendié par les Gueux hollandais et massivement déserté par ses habitants : à la veille du XVIIIè siècle, il ne comptait plus que 10 habitants.
C’est au cœur de cet îlot de verdure que s’étend la propriété des Molinias, qui fut par la suite transformée en un vaste centre de séminaires baptisé Green Center.
Outre ses activités agricoles et sa fabrique de sucre de betteraves qui en découlait, ainsi que ses moulins à eau et à battre le chanvre, Blanmont, dont le sol se compose de quartz, pierres gris verdâtre et gris bleuâtre, posséda aussi au fil de son histoire différentes carrières exploitant le quartzite de son sous-sol (qui servait à la fabrication de pavés de taille et de pierres de construction). Ces carrières accédèrent même au stade industriel. Ces activités ne s’éteignirent qu’au début du XXè siècle. Les pierres extraites des carrières étaient placées dans de petits wagonnets tirés par des chevaux puis acheminées vers la gare de Blanmont en passant par la propriété voisine. Là, d'un quai surélevé, on basculait leur contenu dans les wagons de chemin de fer.
Le nom même de ce village de Blanmont rappellerait que les poussières provoquées par cette industrie, emportées par le vent, retombaient sur le village, le recouvrant d'une coiffe gris-blanc.
Les exploitants des «Molignats» avaient résolu bien des difficultés techniques. Mais faute d'outillage moderne, ils ne purent pas empêcher les nappes d'eau d'envahir la carrière, aujourd’hui désaffectée, pour la transformer en un étang romantique. La propriété fut rachetée et transformée en 1929 par la CGER (Caisse générale d'épargne et de retraite). L'on y accueillit d'abord, dans un préventorium, des gazés de la première guerre mondiale, puis après celle de 40-45, des invalides de guerre. Actuellement, d'autres travailleurs viennent se ressourcer dans ce centre de loisirs et de séminaires, construit près de l'étang entouré de falaises blanches qui rappellent encore l'existence des anciennes carrières.
A partir de la rue du Nil, en suivant la rue aux Fraises (chemin boisé de 174 mètres de long), vous y trouverez la carrière... Continuez alors votre balade (et votre recherche) en contournant la carrière par les champs à la sortie du bois.