
Origines du jardin partagé
Les jardins partagés ont une longue histoire. En Europe, au Moyen Âge, toutes les terres étant détenues par des seigneurs, on observe des communautés villageoises se rebeller et se regrouper sur des terres collectives afin de défendre leurs droits d'usage. De même, au cours de la Première Révolution anglaise (1641-1649), c'est encore une rébellion contre le pouvoir qui pousse les diggers, ou bêcheux, à s'accaparer des terres afin de protester contre l' enclosure act, l'appropriation privée de biens communaux.
L'occupation et la gestion en commun de terrains vacants furent souvent dictées par des périodes de crises économiques, notamment au cours de la fameuse Panique de 1893, et par des guerres (les liberty gardens de la Première Guerre mondiale et les victory gardens de la Seconde.
Nés de la révolution industrielle, c'est au début du XIXe siècle qu'apparaissent les premiers jardins ouvriers officiels sous le nom de « champs des pauvres » en Angleterre et de « jardins des pauvres » en Allemagne afin que les populations les plus défavorisées puissent y cultiver ce qui est nécessaire à leur survie. En France, il faut attendre les années 1890 pour que diverses initiatives locales inspirent l'abbé Jules Lemire, député du Nord, à mettre un coin de terre à disposition des ouvriers : la Ligue Française du Coin de Terre et du Foyer est née et prend bientôt une ampleur nationale. En 1921, comptant désormais 47 000 jardins ouvriers, elle devient la Fédération nationale des jardins ouvriers. À son apogée, en 1945, à l'époque ou la guerre et ses privations avaient incité les habitants des villes à investir l’espace public pour y cultiver ce qui faisait défaut dans le commerce, elle compte plus de 250 000 parcelles.
Dans les années qui suivent, des populations autres qu'ouvrières sollicitant également des parcelles cultivables, ces dernières prennent alors le nom de « jardins familiaux », nom retenu par la loi de 1952 sur leur codification, et la Fédération devient la Fédération nationale des jardins familiaux, permettant à des familles aux revenus souvent modestes de se procurer légumes et fruits frais en les cultivant eux-mêmes.
Au cours des années 1970, années d’expansion et de développement économique, l'engouement pour ce type d'initiative connaît un fort déclin en France tandis que dans le même temps, à New York, des citoyens lassés des friches urbaines qui les entourent investissent ces dernières pour les transformer en jardins de quartiers communautaires, créant ainsi les premiers community gardens urbains.

Du jardin familial au jardin communautaire
En France, jusqu’à la fin des années 1990, de nombreuses structures cherchent une issue au modèle du jardin familial jugé trop contraignant et peu flexible.
En 1996, des associations françaises de jardiniers se rendent à l’Assemblée générale des jardins communautaires de Montréal et y découvrent de nouvelles méthodes inspirées des jardins partagés américains. Très enthousiasmés et soutenus par la Fondation de France, ils organisent à Lille le premier forum national « Jardinage et citoyenneté » (1997) auquel ils invitent les associations new-yorkaises et québécoises qui y témoignent de leurs expériences devant le public français.
C’est de ces réunions que naîtra le réseau français des jardins partagés, « Le Jardin dans tous ses états », qui permet des échanges entre jardiniers, élus et techniciens de collectivités locales, et que sera conçu à Lille, en 1997, le premier jardin communautaire français, le Jardin des (Re)Trouvailles.
Ce type d’initiatives se multiplie dans les années qui suivent : Brest, Villeurbanne, Marseille et Lyon créent leurs jardins partagés tandis qu'à Paris, où le premier jardin partagé n'apparaît qu'en 2002, le système s’institutionnalise. Très rapidement, la Mairie de Paris organise un réseau régi par un fonctionnement unitaire : le programme Main Verte qui réunira les jardins agréés sous une même appellation et une gestion commune. Il s'agit, pour les associations qui signent la charte, de respecter certaines normes tandis qu'en retour, ils reçoivent l’appui et la protection de la Ville.
À la suite de ces bouleversements, la Fédération nationale des jardins familiaux doit s'adapter : la notion de jardin familial s'élargit et en 2006, la Fédération devient la Fédération nationale des jardins familiaux et collectifs. Aujourd'hui, en 2015, elle fédère 250 structures associatives, rassemble 25 000 familles de jardiniers et lance régulièrement de nouveaux concepts de plantations : parcelles en pied d’immeuble, jardins partagés, jardins pédagogiques, carrés potagers, jardins dédiés aux personnes à mobilité réduite. La demande a explosé, car même si le besoin alimentaire est toujours présent, la fonction de ces jardins ouverts sur la ville a évolué et répond aux nouveaux besoins d’une société en mutation :
« Retrouver un lien et un contact physique avec la nature, lutter contre le stress, manger sainement, développer des relations sociales avec les autres jardiniers… Les jardins familiaux ont réinvesti le cœur des villes avec une mission : créer et renforcer le lien social. »
Prenez 5 minutes, posez-vous dans ce coin calme, fermez les yeux, respirez un grand coup.
1, 2, 3, partez, cherchez !
J'espère que cette cache vous aura plu, n'hésitez pas à revenir et à partager un instant avec la mac family pour une sortie géocache 