Le Trait 4 - Quel chantier!
Petit cadeau pour le FTF, un TB à faire voyager! Soyez discrets, mais avant tout larguons les amarres :
Vous voici en bord de Seine, si vous faites face au fleuve, à votre droite se trouve le chemin de la plage dont je vais vous parler, mais commençons par votre gauche :
Dans les années 1970, le chantier naval fermait (histoire à découvrir plus bas) et à cette époque, l’IFP (Institut Français du Pétrole) crée Coflexip – entreprise spécialisée dans la conception, la fabrication et la fourniture de conduites sous-marines flexibles. Coflexip inaugure une usine de production de conduites flexibles au Trait, en France. L'usine s'implante en bord de Seine à la place des anciens chantiers navals. Le lieu est idéal pour accueillir les bateaux chargés du précieux Flexible qui sera installé en mer. Les tuyaux sont conçus pour acheminer le pétrole du fond de l'eau aux plates formes pétrolières.

Les bobines enroulées de tuyau flexible sont acheminées dans les bateaux grâce à une grue. Les plus petites mesurent 7.80m alors que les plus grandes font 12m de haut!
Avant Technip ( Coflexip ), le chantier naval :
La guerre fait rage depuis l'été 1914 : les troupes allemandes occupent l'Est et le Nord-Est de la France. La guerre se mène aussi sur les mers et de nombreux bateaux français sont coulés par la marine allemande.
En novembre 1917 le Trait est choisi par le gouvernement pour implanter un chantier naval parce que c'est un lieu situé loin à l'intérieur des terres, à l'abri des attaques maritimes et sous-marines. Le village du Trait qui ne compte, alors, guère plus de 300 habitants, est situé entre Rouen et le Havre, sur une boucle de la Seine. L'eau y est suffisamment profonde pour accueillir le lancement des navires. L'effet de la mer s'y fait sentir, ce qui permet d'envisager le lancement de navire d'assez grand tirant d'eau.
Il s'agit de répondre aux besoins de la guerre. C'est à la société Worms ( un quartier du Trait se nomme d'ailleurs ainsi) qu'est confiée l'installation de ce qui allait devenir les “Ateliers et Chantiers de la Seine-Inférieure”. Dans un délai record, les installations sont construites et un premier cargo charbonnier de 4700 tonnes est lancé. C'était le premier des 200 navires qu'ont construits les salariés du chantier .
Rapidement, pour répondre aux besoins en main-d'œuvre, des métallos venus d'autres régions (Nord) vont s'installer au Trait. Ce qui n'était qu'un village en 1917 va devenir une ville.
La guerre terminée et la paix retrouvée, le chantier survit et continue de se développer. Il contribue à assurer la renaissance de la flotte de commerce dont le pays a besoin.
La ville ne vit bientôt plus que pour et grâce à sa construction navale. De père en fils on travaille au chantier. Les chantiers occupent un personnel de plus en plus important: 1000 salariés à la veille de la guerre 39-40, 2000 en 1950, 2500 en 1964.
A partir des années 50, le maire de la ville sera issu du chantier : M. Brétéché. Le chantier possédera plus tard une école d'apprentissage où seront formés les futurs ouvriers et agents de maîtrise dont l'entreprise aura besoin.
La diversité des réalisations montre rapidement le savoir-faire du personnel, et la réputation du chantier s'étend très loin.
Parmi les 200 navires qui seront construits en un peu plus d'un demi-siècle, on trouve des sous-marins, des pétroliers dont en 1935, le plus grand pour l'époque, des cargos, des chalutiers, des méthaniers, dont le "Jules Verne", le plus grand méthanier d'Europe pour l'époque qui assurera le transport du gaz d'Algérie en France; il sera lancé le 8 septembre 1964. Mais on y construira aussi des bateaux frigorifiques pour des armements français et étrangers, etc.


Passons à votre droite: Il n'y a selon vous pas de trace de plage? Détrompez-vous! Pour se déplacer quand on n’ a pas de véhicule dans les années 1900, on utilisait la Seine! C'est ici que de nombreux Traitons y ont appris à nager ! En 1943, Raymond Salaün s'installe dans un baraquement le long de la plage (endroit en pente douce près de la Seine). L'homme trouvait l'endroit dangereux, il décida alors de passer son brevet de maître nageur afin d'apprendre aux enfants Traitons à nager. Avec l'autorisation du port de Rouen, il réalise des appontements sur la Seine et des ceintures de grillages. Il rend la plage sécurisante. Avec sa femme Madeleine, il achète une licence pour ouvrir un bar, un restaurant et même une guinguette où est élue la Reine de la plage chaque année.


Un club nautique s'installe d'ailleurs à côté de la plage, les Traitons obtiennent des résultats ux niveau national.
Les noyades étaient de l'histoire ancienne. En 1965, Raymond Saulaün décède et emporte avec lui toute une génération de Traitons ayant appris à nager en Seine à la plage. Une piscine municipale découverte sera alors construite mais fermera dans les années 2010.
Voilà chers géocacheurs, j'ai partagé avec vous un petit bout de l'histoire de ce lieu. La ville regorge encore de secrets que vous pouvez encore vous laisser raconter grâce aux caches que j'ai laissées dans la ville.