Gustave Courbet
à La Tour-de-Peilz
1873 - 1877
Condamné à 6 mois de prison par le Conseil de guerre en août 1871 pour sa participation à la Commune de Paris, en qualité de conseiller municipal et de président de la Fédération des artistes, une saisie-arrêt est décidée sur tout ce qu’il possède à Ornans et à Paris. Pour y échapper, Courbet passe clandestinement la frontière franco-suisse le 23 juillet 1873.
Le périple helvétique de Courbet le mène de Fleurier à Neuchâtel avant de se poursuivre sur les bords du Léman, à Genève, à Lausanne, à Veytaux puis à La Tour-de-Peilz, dès le mois d’octobre 1873.
Son établissement officiel à La Tour-de-Peilz date de janvier 1874 (permis de séjour). Il s’installe alors dans la maison " Bon-Port", située à proximité immédiate du lac et qui deviendra sa dernière demeure, le 31 décembre 1877.
Les témoignages écrits de l’époque, en particulier certains rapports du commissaire de police de La Tour-de-Peilz, laissent entrevoir un Courbet bien intégré et fidèle client du "Café du Centre", établissement aujourd’hui démoli (mais dont la table d’habitué a été conservée par un particulier). La Tour-de-Peilz compte à cette époque quelque 3'600 habitants et Courbet n’y passe pas inaperçu.
Courbet organise une exposition à Bon-Port, en août 1875, alors qu’est inauguré officiellement le buste "La Liberté" offert à la commune.
Les derniers mois de sa vie sont marqués par la maladie, cette hydropisie qui lui fait enfler démesurément le ventre et les jambes. Fin 1877, il se décide enfin à se soigner rigoureusement mais tombe sur certains charlatans et ne veut, ou ne peut, pas adapter son hygiène de vie. Les médecins qui se relaient à son chevet ne peuvent que pratiquer d’impressionnantes ponctions pour le soulager. Le 31 décembre 1877, à six heures et demie du matin, il s’éteint dans sa maison "Bon-Port".
Sa dépouille restera à La Tour-de-Peilz jusqu’en 1919, année de son rapatriement à Ornans.
S’il y a produit de nombreuses toiles représentant le Léman, le château de Chillon ou les paysages alpins, Courbet a laissé une autre trace artistique dans la région. La Tour-de-Peilz peut ainsi s’enorgueillir de posséder, sur la Place du Temple, une emblématique "Liberté" toute de fonte bronzée vêtue. Cette œuvre révèle ainsi ses talents de sculpteur tout comme sa "Dame à la mouette", dont deux moulages ornent la façade d’un immeuble du quai Perdonnet à Vevey. Le plâtre original de cette sculpture, ainsi qu’un exemplaire coulé en bronze, sont exposés au Musée Jenisch de Vevey.
L’histoire de cette "Liberté", fier buste dont Courbet décide de faire don à la commune de La Tour-de-Peilz en guise de reconnaissance pour son accueil, illustre bien les relations denses qu’il entretient avec la ville. De cette sculpture, il dit d’ailleurs "qu’elle est splendide… brutale de façon et d’un effet superbe… affirmative, sans arrière-pensée, grande, généreuse, bonne, souriante…"(Lettre du 4 février 1875 à Castagnary). Il se dit que Mme Arnaud de l’Ariège, de Clarens, chez laquelle le politicien français Léon Gambetta aimait à se retrouver, servit de modèle à Courbet. D’autres sources vont plutôt chercher du côté de Pontarlier celle qui fut susceptible d’inspirer Courbet, à savoir Mme Joliclair, qui aurait aidé le peintre dans sa fuite en Suisse fin 1873. Une chose est cependant certaine, la dame revêt certains attributs révolutionnaires "à la française", bonnet phrygien en tête et buste saillant comme il se doit dans l’imaginaire de 1789 qui, associés à la croix fédérale helvétique posée sur son corsage, ne vont pas sans soulever quelques réticences chez les gens du cru. De surcroît, Courbet intitule son œuvre "Helvetia". Interpellée, la Municipalité, après l’avoir chaleureusement remercié le 22 mars 1875, demande à Courbet, à l’issue de sa séance du 5 avril 1875, de bien vouloir "ne pas intituler son œuvre d’art Helvetia et d’y supprimer la croix fédérale, notre écusson national, dans le but unique d’empêcher toute interprétation du point de vue politique".
Respectueux de ce souci de neutralité politique, Courbet, visiblement plus préoccupé par le financement du socle et du coulage de son buste, signifie laconiquement à la Municipalité dans un post scriptum à une lettre du 24 avril 1875 : "Selon votre désir, j’ai changé la croix fédérale en étoile et le mot Helvetia pour le mot Liberté, laissant les mots Hommage à l’hospitalité d’ un côté du socle et de l’autre côté Tour-de-Peilz, mai 1875".
C’est le dimanche 15 août 1875 qu’est officiellement inauguré le buste "Liberté" à l’occasion d’une cérémonie ponctuée de chants, discours et autres vins d’honneur.
Si certains lieux sont encore marqués par le passage de Courbet, comme la maison "Bon-Port" ou la Place du Temple, d’autres, à l’image du "Café du centre", ne subsistent que dans les mémoires. Aujourd’hui démoli, ce café de la Grand-Rue servit de quartier général à Courbet qui y appréciait à sa (trop) juste valeur le fruit des vignobles alentour.
Le "Café du Centre" a été le témoin d’épisodes tragi-comiques qui caractérisent à leur façon les années d’exil du peintre. Il y a tout d’abord la fameuse histoire des tonneaux de la cave, au contenu si précieux…
Alertés de la venue d ’ inspecteurs du fisc français chargés de traquer les biens du maître, Jules Budry, patron du café, et des habitués amis de Courbet, cachèrent dans un des trois vases de la cave 140 de ses toiles et attendirent de pied ferme lesdits inspecteurs, lesquels ne tardèrent pas. Après avoir visité les lieux, ils furent inviter à tirer au guillon de ce même vase et, ô divine surprise, il en jaillit un des meilleurs breuvages de la région. Les inspecteurs, trop heureux de cet accueil, s’en retournèrent en France bredouilles. Jules Budry et ses compères avaient astucieusement relié au guillon un petit tuyau qui plongeait dans un tonneau de plus petite taille.
Une petite balade à La Tour-de-Peilz sur les traces de Courbet se doit de passer par la Place du Temple.
A quelques dizaines de mètres de là, en direction de la gare, dans le parc du collège Courbet, se trouve, discrète entre deux buissons, une plaque rappelant l’emplacement de la pierre tombale de Gustave Courbet, avant le rapatriement de sa dépouille à Ornans en 1919.
Plus bas, dans la vieille ville, à proximité immédiate du port, se situe la maison "Bon-Port", sise à la rue du Bourg-Dessous. Aujourd’hui propriété privée, elle hébergea Courbet et son atelier, et accueillit ses aides Cherubino Pata et Marcel Ordinaire, de même que le père de ce dernier et les nombreux visiteurs qui vinrent le trouver dans son exil. Une plaque commémorative rappelle la présence du maître du réalisme en ces lieux jusqu’à sa mort, le 31 décembre 1877.
Mais Courbet à La Tour-de-Peilz c’est aussi, et surtout, ce paysage, ces montagnes de Savoie, les Dents-du-Midi, le Château de Chillon à proximité, bref tout ce décor qui inspira l’artiste et que le visiteur est invité à découvrir lors d’un passage dans la région.
Courbet ne disait-il pas d ’ Ornans que "Pour peindre un pays il faut le connaître. Moi je connais mon pays, je le peins. Les sous-bois c’est chez nous. Cette rivière c’est la Loue. Allez-y voir et vous verrez mon tableau". Ce n’est pas le trahir que de suggérer à ses admirateurs de passage à La Tour-de-Peilz de remplacer "rivière" par "lac" et "Loue" par "Léman" !
Et la cache ? 
Trouvez, scannez la puce "NFC" et suivez les indications pour récupérer les indices, puis rendez-vous à la finale
N 46° 2(A+F).(H-J)(B+K)(B-D)
E 006° 5(G-E).(A-C)(L-D)(I-K-G)
Bonne recherche sur les traces de Courbet !!!
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