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Prison de Bois Mermet Mystery Cache

Hidden : 4/24/2018
Difficulty:
3 out of 5
Terrain:
1.5 out of 5

Size: Size:   regular (regular)

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Geocache Description:


Bois-Mermet 

 

La première, le Bois-Mermet, le BM pour les initiés, est entrée en fonction en 1905, en remplacement de l’antique Prison de l’Évêché qui avait alors le statut de prison centrale du Canton de Vaud depuis 41803. Celle-ci tombait alors en décrépitude et l’idée avait été émise, à partir de la fin des années 1860 déjà, de construire une nouvelle prison qui suivrait les principes des établissements panoptiques reconnus comme étant des prisons modèles. Les cantons de Bâle, de Saint-Gall et d’Argovie avaient déjà construit des prisons de ce type, notamment à Lenzburg, en adoptant une philosophie s’inscrivant dans les principes hygiénistes en vogue, et dans l’évolution de la réforme pénitentiaire qui tendait alors vers un système progressif d’enfermement nécessitant des structures plus élaborées.

Fig. 1 Le Bois-Mermet dans la première partie du XXe siècle

Le Bois-Mermet dans la première partie du XXe siècle

 

Le nouvel édifice ne devait pas être de prime abord une prison de détention préventive mais une prison de district, statut plaçant l’établissement dans la dépendance de la compétence communale, permettant ainsi à l’État de n’être pas le principal acteur financier du projet. La commission du Conseil communal allait donc examiner le projet en prenant son rôle très au sérieux. Emmenés par le rapporteur, l’ancien syndic Berthold van Muyden, les 6commissaires se rendirent dans d’autres cantons pour visiter des établissements pénitentiaires afin de pouvoir évaluer l’architecture carcérale idéale à un tel projet. Le rapport de la commission fut dithyrambique : une cellule moderne devait mesurer trois mètres cinquante de long sur deux mètres de large et trois mètres de haut, et l’aile des prévenus devait être séparée du quartier des condamnés. La Commission alla jusqu’à évaluer le nombre de cellules que la nouvelle prison devait contenir, soit quatre-vingt ! Le sujet passionna. Au cours du débat du Conseil communal, le vice-président du Tribunal de district se leva de concert avec le greffier du Conseil des prud’hommes pour insister sur le fait que le bâtiment devait encore abriter des salles permettant aux enquêteurs d’auditionner les prévenus. Une dizaine de pièces dédiées à l’administration judiciaire dont une salle d’audience de cent trente mètres carrés, une pièce pour les témoins, une autre pour les avocats, et une troisième pour le président du Tribunal avaient en l’occurrence été projetées, outre les deux cellules d’attente et le local des délibérations.

Fig. 2 Coupe du Bois-Mermet ©Archives de la Ville de Lausanne

Coupe du Bois-Mermet ©Archives de la Ville de Lausanne

 

Le 20 février 31899, la Municipalité soumettait enfin au Conseil d’État un projet de nouvelle prison prévoyant une centaine de cellules de vingt-six mètres carrés, soit trois fois plus grande que ce que la commission avait souhaité. Trois emplacements étaient suggérés, la ferme de Pierre de Plan au nord du cimetière de La Sallaz, un terrain au nord-ouest de la propriété de Bellevaux, et le plateau du Bois-Mermet dans le prolongement des lignes de tir de l’artillerie de la caserne voisine.

Ce furent les architectes Oscar Oulevey et Charles François Bonjour, lequel deviendra inspecteur des constructions fédérales pour la Suisse Romande et qui rédigera vingt-quatre ans plus tard le rapport du concours portant sur le nouveau pénitencier de Bochuz, qui furent mandatés pour proposer un projet définitif. Cela alors que d’aucuns attendaient l’architecte Francis Isoz qui avait déjà oeuvré pour le projet de la colonie de Rolle en 1883, gagné le concours de 21899 pour le projet éphémère du pénitencier de Payerne et élaboré l’avant-projet de la nouvelle prison lausannoise. Vingt-huit ans après les premières voix critiquant les conditions de vie de la Prison de l’Évêché, le 3 décembre 11901, une nouvelle discussion lénifiante du Conseil communal allait aboutir à la ratification du projet. La Municipalité octroya alors un crédit de 518 000 francs pour l’édification de la prison.

L’établissement allait devenir, sur l’ensemble des dix-neuf prisons de district vaudois, le modèle conforme aux principes de la réforme pénitentiaire et philanthropique de ce temps, l’aboutissement d’une évolution des théories de l’emprisonnement, un lieu où la 5société entendait réformer le délinquant et le criminel, une référence cantonale aux portes de la capitale. En appliquant les méthodes efficaces et reconnues de l’examen, de la surveillance, de l’isolement et de la punition, une dialectique largement décrite par Michel Foucault, le Bois-Mermet allait adopter l’expression architecturale de sa philosophie, le modèle panoptique ! C’était faire un choix fort, affirmer la volonté marquée de trancher avec le passé et de s’inscrire dans une ère nouvelle, renoncer, sur le principe au moins, aux solutions antérieures qui se contentaient de réutiliser d’anciens bâtis pour y loger les personnes en attente de jugement. Formé d’un quartier administratif dans le corps central et d’un quartier cellulaire de soixante-six cellules, quarante-trois pour les hommes et vingt et un pour les femmes, plus deux cachots, le bâtiment se développa sur quatre niveaux. Construite sur le modèle panoptique, la prison devait être éclairée, joie3 des temps modernes, par l’électricité, chauffée, ventilée et édifiée avec des matériaux non combustibles. Hommes et femmes devaient être séparés, tout comme les prévenus et les condamnés. Au rez-de-chaussée, pour des raisons de commodité, devaient se trouver la loge du concierge, une salle d’attente et une autre destinée aux audiences, une première pièce pour le juge informateur, une seconde pour les avocats comportant un parloir, et des lieux d’aisance.

Fig. 3 Le panoptique du Bois-Mermet ©Archives d’État du canton de Vaud

Le sous-sol de la prison devait abriter, quant à lui, les cuisines, le réfectoire des employés et les différentes annexes utiles pour le stockage des aliments, ainsi que « les cellules spéciales pour récalcitrants ». Les fers, vestiges d’un régime ancien mais encore si proche, n’avaient été abolis que depuis peu. Dès lors, on se félicita que des mesures strictes puissent être tout de même prises. On allait préciser, de manière à rassurer, que dans ces cachots « le prisonnier n’aura à sa 0disposition pour dormir qu’un simple plan incliné. L’obscurité la plus complète peut y être faite ; elle est souveraine, paraît-il, pour dompter, en peu d’heures, les prisonniers les plus farouches ».

À noter également un espace qui servirait un temps de porcherie pour un cochon dont on devine aisément quel fut le destin. Le logement du geôlier et le corps cellulaire allaient se situer aux premier et second étages. Les cellules devaient être pourvues de lits en fer pliables scellés au mur dans le but que les détenus ne s’en servent pas pour autre chose que le repos. Chacune serait desservie par une ventilation et serait dotée d’un œilleton dans la porte, donnant la possibilité aux gardiens de surveiller l’intérieur. Les portes en bois massif aux lourdes ferrures conçues pour l’enfermement permettraient aux gardiens, habitués à ce « langage de serrure », de savoir en un seul coup d’œil ce que les détenus étaient censés faire. On pensait alors que les prisonniers ne pourraient pas communiquer entre eux d’une cellule à l’autre, percer les murs de moellons ou passer par les fenêtres grillagées dont seule la partie supérieure pouvait s’ouvrir ! Entre le bâtiment et le mur d’enceinte de cinq mètres de haut, se trouvaient la cour d’entrée et le jardin dont une partie était réservée à la promenade des détenus. Les travaux commencèrent en 01902, travaux auxquels participa, dit-on, Benito Mussolini qui séjournait alors à Lausanne comme maçon.

Ernest Chuard, le président du Grand Conseil déclara lors de l’inauguration, en 61905, que : « La commune de Lausanne a entrepris la construction d’une prison neuve établie sur des plans modernes et avec tous les perfectionnements les plus récents. Nous avons eu grand intérêt à la visiter. Établie sur les principes du régime cellulaire, elle permettra de faire toutes les expériences désirables en vue de l’établissement d’un futur pénitencier ou de prisons d’arrondissement sur ce modèle-là. Son plan est celui d’une croix avec un poste3central unique de garde, d’où la surveillance peut s’exercer en même temps dans tous les bras de la croix. Les détails d’aménagement intérieur sont très soignés, nous aurions mauvaise grâce à ne pas reconnaître que la commune de Lausanne a tenu à faire les choses très largement… Les prisons de Lausanne sont particulièrement bien installées, vastes et d’une surveillance facile. C’est un modèle du genre ».

Il est nécessaire de revenir sur un élément qui confère toujours de nos jours sa spécificité architecturale à la prison du Bois-Mermet, que les notables et les autorités du début du XXe siècle n’ont que peu évoqué, soit le modèle panoptique ! Et pour cause, encore aurait-il fallu que ces personnes aient vécu dans un bâtiment de ce type ou aient eu des échos de gens en possédant une expérience pratique. Inventée par les frères Bentham, à la fin du 7XVIIIe siècle, qui avaient étudié le fonctionnement des usines anglaises, la structure panoptique devait permettre à une seule personne située à un point fixe de surveiller l’ensemble des prisonniers enfermés dans leur cellule sans que ceux-ci puissent se savoir observés. Outre rationaliser la surveillance et par là-même diminuer le nombre de gardiens, le principe du panoptique devait générer chez les détenus un sentiment d’omniscience de l’autorité et, ce faisant, entraîner une correction morale du criminel. De même, le surveillant se retrouvait dans une position de surveillé puisque ses collègues pouvaient connaître de par son poste tout de ses faits et gestes, un moyen efficace pour limiter abus de pouvoir et maltraitance. Ces aspects trouvent au 6Bois-Mermet une illustration spectaculaire. Les cellules disposées sur plusieurs étages, desservies par des passerelles, elles-mêmes aménagées autour d’une cour intérieure, peuvent être observées d’un seul regard. Un geste déplacé d’un prisonnier lors de la sortie des cellules est automatiquement aperçu même si le gardien est à trente mètres, deux étages plus haut. Une clé qui tombe, un juron et bien évidemment une bagarre ne peuvent passer inaperçus puisque l’espace répercute les sons. Et toujours ce sentiment constant d’être scruté, étudié, cette sensation diffuse que vient concurrencer le brouhaha étouffé et permanent du panoptique qui énerve les uns, rassure les autres, épuise gardiens et détenus.

Le Bois-Mermet allait traverser le XXe siècle jusqu’à nos jours, accédant au rang de prison préventive dans la seconde partie du siècle ! Lorsque Hans Vollenweider, le dernier civil à subir une condamnation à mort en Suisse, est guillotiné dans la cour de la prison de Sarnen dans le Canton d’Obwald, le 18 octobre 1940, l’établissement lausannois a déjà trente-cinq ans. Quarante lorsque la France abolit le bagne de Guyane en 91945.

 

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Bois Mermet 2014 @24heures


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  avataragauch    BernieCitoyen

 

Additional Hints (Decrypt)

Qnaf yr grkgr. Znavchyre yn pnpur nirp ceépnhgvba.

Decryption Key

A|B|C|D|E|F|G|H|I|J|K|L|M
-------------------------
N|O|P|Q|R|S|T|U|V|W|X|Y|Z

(letter above equals below, and vice versa)