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CEUX DE 14 - Correspondance et Censure Traditional Cache

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Brezelour: N'étant plus dans le secteur et ne pouvant donc plus assurer une maintenance régulière, j'archive cette cache et je laisse la place, avec grand plaisir, à d'autres poseurs !
Bon geocaching à tous et toutes !

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Hidden : 10/29/2018
Difficulty:
2.5 out of 5
Terrain:
1.5 out of 5

Size: Size:   micro (micro)

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Geocache Description:


CORRESPONDANCE ET CENSURE

 

«Chers père et mère, j’espère que malgré les épreuves que vous avez dû traverser vous êtes toujours en bonne santé. Ne vous chagrinez pas pour moi, ne pensez qu’à vos enfants. J’espère avec l’aide de Dieu rentrer bientôt en aussi bonne santé que je vous ai quittés car il ne me manque rien surtout depuis dix jours que la cantine est ouverte où l’on trouve du pain. Embrassez Mathilde et tous nos enfants pour moi. Votre fils dévoué, François » François BERNARD, 25/10/1914, poilu et prisonnier aux camps de Munster et Cottbus

 

 

Le décret du 05 octobre 1923 indique que l'insigne de la poste aux armées, plus communément appelée Poste militaire à l'époque, est modifié en raison de la séparation du trésor aux armées et de la poste aux armées. La feuille de chêne sommée d'un gland depuis 1900 (conservée par le trésor aux armées) est remplacée par une tige de myosotis stylisée avec fleurs et feuilles, de couleur argent sur fond noir. La "fleur du souvenir" ou le "Ne m'oubliez pas" devint ainsi l'emblème du postier aux armées.

Jamais les Français ne se sont autant écrit que pendant la Première Guerre mondiale. Si le rythme d’une lettre par jour était courant, certains soldats en écrivaient et recevaient deux, voire plus encore… Tous les soldats écrivent, officiers ou hommes de troupe, et presque tout le temps : aux parents, à l’épouse, aux amis de la famille, aux camarades de combat, même peu éloignés, car il est difficile, voire impossible, de se déplacer. Pour beaucoup, écrire va devenir une habitude, presque une manie.

Un tel volume de correspondance n’a pas manqué de poser de sérieux problèmes d’organisation. D’un autre côté, un bon acheminement du courrier s’est vite avéré vital pour maintenir le moral des combattants, comme celui de l’arrière. Voilà pourquoi l’armée a déployé des moyens à la hauteur de l’enjeu. Cette correspondance, il faut aussi le dire, était gratuite. La « franchise militaire » n’étant en fait que l’extension généralisée de l’affranchissement réduit à un timbre par semaine en temps de paix.

La guerre venue, le « Trésor et Poste », administration militaire unique, oblitéra sans frais les correspondances des soldats et la gigantesque masse du courrier qui leur était adressé. Le bureau central de la Poste militaire, installé au Conservatoire National de Musique de Paris, triait cette marée par secteurs postaux. Ainsi, la correspondance suivait (avec plus ou moins de bonheur) sans que l’on puisse identifier clairement le secteur du front où se trouvait le régiment du destinataire.

À chaque numéro correspondait une division, un grand état-major ou un Q.G. Les sacs dirigés ensuite sur des « bureaux frontières », à la limite de la zone des armées, étaient transportés par des « ambulants d’armée » vers les « vaguemestres d’étapes » qui les répartissaient ensuite entre les « bureaux divisionnaires » où s’effectuait le tri par régiment. Les enveloppes étaient remises enfin aux vaguemestres des compagnies qui s’efforçaient, quelle que soit la situation, de les faire parvenir et assuraient, le cas échéant, la triste mission de renvoyer le courrier avec la mention : « le destinataire n’a pu être touché à temps » (ce qui, en termes choisis, signifiait qu’il était mort, blessé, disparu ou prisonnier). L’acheminement du courrier venant du front se faisait par le chemin inverse, les bureaux divisionnaires le frappant de leur timbre et lui appliquant le cas échéant, les mesures de « retard systématique » selon les instructions reçues.

Tous les courriers étaient soumis à un éventuel contrôle par sondage, par un officier de l’état-major régimentaire tout d’abord, puis à chaque étape de l’acheminement. Les lettres prélevées étaient ensuite remises aux autorités supérieures pour contrôle statistique. Aucune indication stratégique, de lieu, d’opérations ou de mouvements de troupes ne devait y figurer. Chaque semaine, un rapport établissait « le moral des troupes » au vu de la teneur des lettres ainsi examinées. Certains soldats utilisaient de codes pour communiquer avec les leurs en contournant le contrôle postal. D’autres rédigeaient leurs courriers dans un patois parfois difficile à traduire pour les officiers responsables de la relecture. En outre, et toujours pour échapper à la censure, certains courriers étaient postés par des camarades en permission.

La censure fut établie dès la mobilisation. Elle concernait le courrier de tout militaire en campagne et nul n’était censé y échapper. Le contrôle s’appliquait aussi de façon stricte à la correspondance allant en direction du front qu’à celle qui en provenait, car la vague « d’espionnite » qui sévissait alors en France entretenait un climat général de suspicion. Officiellement. Il s’agissait d’éviter la divulgation des mouvements de troupes. Les correspondances privées et commerciales à destination de l’étranger étaient donc toutes lues avant de franchir les frontières et les télégrammes très étroitement surveillés. Les comptes rendus de censure parvenant au Q.G. montraient cependant que les infractions se multiplièrent vite. Dès le 22 décembre 1914, Joffre était obligé de rappeler que « les militaires ne doivent donner dans leur correspondance aucune indication, ni sur la localité où ils se trouvent ni sur le déroulement des opérations. » À la suite de ce rappel à l’ordre, les commandants d’unités reçurent des consignes encore plus strictes, destinées aussi à limiter la diffusion d’informations sur la très mauvaise situation des armées françaises en ce terrible hiver 1914-15.

Cette même année, les officiers censeurs firent preuve d’un zèle sans cesse croissant. Ils ouvraient sciemment la correspondance des membres du Parlement et du gouvernement, et ce en dépit de l’interdiction qui leur avait été notifiée le 11 juillet 1915. Le ministre de la Guerre avait beau demander une enquête après chaque bavure, rien n’y fit. La correspondance entre civils était aussi l’objet d’une certaine attention et trace est restée, dans le courrier du ministre de la Guerre, de sévères admonestations adressées à des personnalités importantes qui s’étaient laissées aller à des écrits privés trop défaitistes. Les commissions de censure, invitées à lire le plus grand nombre possible de lettres par opération (environ 250), devaient rendre compte de leurs investigations au moyen d’une grille d’analyse standardisée et proposer des sanctions selon un barème précis. Les grands bureaux filtrant tout le courrier devaient établir des comptes rendus que l’on exigeait « sincères. » L’opinion profonde des civils et des militaires devait ainsi remonter jusqu'au ministre. Mais ce travail, souvent remarquablement rédigé n’était en définitive exploité par le haut commandement que pour organiser la répression.

Le courrier était un lien très fort avec l’arrière et surtout la famille. Complément indispensable de la correspondance, les colis apportaient un complément indispensable de nourriture, de tabac et souvent de linge (renvoyé par la famille après lavage). Au fond, tous espéraient ne pas être oubliés. Effectivement, le premier désir des Poilus était de rassurer les leurs sur la santé et le moral quitte à embellir la situation. En règle générale, les carnets de route rédigés au fil des jours, sans ce souci de camoufler la réalité, cernent mieux la réalité que les correspondances. De plus le contraste entre le front et l’arrière était si grand que deux mondes se côtoyaient sans se comprendre.

Dans leur courrier, les uns et les autres adaptaient donc la teneur et le style de leur discours à ce fossé. Tout cela a fait dire à certains que la correspondance n’était pas un témoignage fiable. Elle reste pourtant un document essentiel, qu’il convient d’étudier avec précaution et rigueur, mais qui, au-delà des non-dits et des mensonges, offre un remarquable éclairage sur l’époque et sur les mentalités.

Additional Hints (Decrypt)

nvznagé nh avirnh qr yn 3èzr znepur. Yn pnpur snvgr "znvfba" z'n cevf qh grzcf qnaf fn snoevpngvba, zrepv q'ninapr q'l snver nggragvba !

Decryption Key

A|B|C|D|E|F|G|H|I|J|K|L|M
-------------------------
N|O|P|Q|R|S|T|U|V|W|X|Y|Z

(letter above equals below, and vice versa)