
Swiss Sport : Football
Le Football suisse...
L’histoire du football suisse ressemble à un match dont on connaît le moment où il a débuté, mais qui ne se terminera en principe jamais... Entre le football et la Suisse, c’est une histoire qui roule depuis longtemps, bien longtemps maintenant ! Savez-vous que le Championnat de Suisse est l’une des plus anciennes compétitions de foot ? Ou encore que la Nati est plus que centenaire ? Le football est le sport préféré des Suisses. Le pays abrite les principales fédérations internationales du domaine, la FIFA et l’UEFA.... Le football se transmet ici de génération en génération !
Le football d’élite masculin compte deux ligues: la Super League, la catégorie la plus élevée, et la Challenge League. Chacune des ligues compte dix équipes. Ces équipes s’affrontent pour remporter un championnat qui dure de juillet à mai, ainsi que pour gagner la Coupe de Suisse, un tournoi auquel des équipes de Première ligue et de ligues d’amateurs peuvent également participer.
Les clubs helvétiques jouent un rôle relativement mineur sur le plan européen, même si certains clubs, comme le FC Bâle, réussissent régulièrement à se qualifier pour la phase de groupe de la Champions.
Et pourtant, la Suisse fut un précurseur de ce sport : Tout commence en 1860-1870, sur les bords du Léman, quand des jeunes gens venus d’Angleterre pour leurs études à Genève, Lausanne, Montreux disputent le premier match de football sur les terres d’un institut privé. On n’en connaît pas la date et le lieu précis, on sait vaguement que les règles étaient un mélange de celles encore floues du rugby et du football. Mais ce fut la mise en terre de la première graine footballistique dont allait naître une passion populaire inaltérable et grandissante.
Le premier club voit le jour à Saint-Gall (1879) et un peu plus tard le Lausanne-Football and Cricket Club (1880) rassemble exclusivement des Anglo-Saxons sur les rives lémaniques. L’influence britannique est alors totale : Grasshopper, Young Boys, Young Fellows, Old Boys font leur apparition, et dans les vestiaires on parle de sportsmen, de scratch-team, des règles du dribbling et de la combination.
Avec les matches spontanés qui se multiplient un peu partout dans le pays, la fondation d’une association faîtière va devenir incontournable. Ce sera fait en 1895, lorsque dix clubs se réunissent à Olten, le 7 avril, pour définir les statuts de l’ASF. À la table des discussions, on trouve des Vaudois : le Lausanne-Football and Cricket Club, la Villa FC d’Ouchy, l’Yverdon FC. Quatre ans plus tard, l’Anglo-American Zurich bat les Old Boys de Bâle en finale du premier championnat national.
Il ne faut pas attendre longtemps pour que des problèmes, ou des caractéristiques propres au football, apparaissent et demandent à être réglés. Ainsi, en 1903, pour freiner «la décadence même du football», l’ASF doit ajouter un article dans les statuts pour interdire aux clubs de recruter des joueurs au-delà d’une distance de dix kilomètres. Plus de cent ans plus tard, les transferts et les recrutements se font au niveau planétaire !
De 1903 à 1912, on passe dans le pays de 38 clubs et 3600 joueurs enregistrés à près de 10 000 joueurs et 63 clubs. Certains comptent dans leurs rangs plus de 300 membres. Fait intéressant: en 1912, le secrétaire central permanent de l’ASF gagne 300 fr. par année, alors que le salaire moyen de l’ouvrier plafonne à 150 fr.
Très vite, les clubs sont allés disputer des matches à l’étranger, mais au niveau de l’équipe de Suisse, la première confrontation officielle remonte au 12 février 1905, à Paris, où elle affronte la France devant 5000 spectateurs au Parc des Princes et perd 1-0.
Le début de l’histoire de la Nati (surnom de l'équipe nationale suisse) est donc assez glorieux, puisque dès 1924, l'équipe nationale remporte une médaille d’argent aux Jeux olympiques. La Nati atteindra ensuite les quarts de finale de la toute jeune Coupe du Monde en 1934, 1938 et 1954, cette dernière étant d’ailleurs organisée en Suisse.
La Suisse du football ne reste pas dans son coin à se regarder le ballon : elle participe activement à la création de la Fédération Internationale de Football Association, cette bonne vieille FIFA qui fait tant parler d’elle en nos temps agités.
Il y aura les deux guerres mondiales, la position contestée de la Suisse qui joue contre l’Allemagne en 1920 déjà, divisant l’opinion entre Alémaniques (pour) et Romands (contre). Suivra la construction de nombreux nouveaux stades, la finale des Jeux olympiques perdue contre l’Uruguay. Arrivera le semi-professionnalisme puis le professionnalisme. L’affaire Perroud, dans les années 1970, libérera en partie les joueurs du joug des clubs. Il y aura les formules à répétition visant à donner du dynamisme au championnat suisse. Certaines assez farfelues, comme la fameuse «barre» inventée par Freddy Rumo.
De même, dans la Swiss Football League, outre les problèmes de sélection des joueurs romands dans l’équipe nationale (on pense notamment aux réticences de la presse zurichoise vis-à-vis de Claude Andrey dans les années 1970), l’opposition se joue aussi autour d’une répartition géographique des succès. Si le Servette de Genève est l’équipe phare du championnat durant les années 1930, les années 1950 sont celles des Young Boys de Berne.
Dans les années 1960 et 1970, ce sont le FC Bâle et le FC Zurich, supportés par des mécènes emblématiques de cette époque, qui trustent les titres. Les décennies suivantes voient la domination des Grasshoppers de Zurich, malgré de bons résultats du Servette de Genève, de Neuchâtel Xamax voire du Lausanne-Sport. Cette domination de la Suisse alémanique s’explique par des investissements financiers plus importants, couplés à un soutien populaire plus conséquent. Aujourd’hui encore, les «places fortes» du football suisse sont en Suisse alémanique: Bâle, Lucerne, Saint-Gall et, dans une moindre mesure, Berne et Zurich. Côté romand, seul le FC Sion semble pouvoir tenir la comparaison.
Avec le temps, avec le passage à dix clubs en première division – Super League – il est toujours plus difficile pour les petits d’accéder à l’élite et d’y rester. Question de budgets, de mécènes, de sponsors, acteurs déterminants qui n’existaient pas aux débuts du football suisse.
Puis, la Suisse organisa la coupe d’Europe de football en 2008, en partenariat avec l’Autriche ; et, depuis 1994, l’équipe nationale de football participe régulièrement aux grandes compétitions internationales.
Ainsi, après une longue période de disette sur le plan international, le football suisse reprend des couleurs ces dernières années, grâce à une génération de joueurs talentueux, dont l’attaquant Xherdan Shaqiri. Une « génération dorée » qui achèvera peut-être un jour le rêve de ses aînés : rapporter un grand trophée international..
D'ailleurs, les équipes nationales juniors se qualifient régulièrement aux championnats du monde et d’Europe, où elles fournissent d’excellentes prestations. En 2009, l’équipe des joueurs de moins de 17 ans a gagné le championnat du monde.
Quant au football féminin ? Il n'a été reconnu en Suisse qu'en 1970. La création d'une ligue de football féminin est donc quasi contemporaine de l'introduction du droit de vote féminin en Suisse (1971).

Le Football à Genève.
Le “Football Club de la Servette” fut fondé le 20 Mars 1890, lorsqu’un jeune homme britannique reçut un ballon ovale et voulut monter une équipe. On jouait alors au football-rugby sur le terrain du Pré Wendt.
Les joueurs durent par la suite déménager sur le terrain de la Prairie puis sur la Plaine de Plainpalais. Sociétaires officiels de la Plaine, ils furent toutefois condamnés à deux ans d’inactivité durant l’exposition nationale. Lors de la reprise des activités du club en 1898, il devenait de plus en plus difficile de trouver des adversaires pour jouer au Rugby en Suisse. Ils affrontèrent quand même la grande équipe de Lyon devant 3000 spectateurs sur la Plaine avant de créer la section football (1899) qui connut rapidement un grand essor. Servette devint dans la foulée membre de l’ASF en 1900 et déménagea au pré Cayla la saison suivante. Le Parc des Sports y fut inauguré en 1902 avec une tribune destinée aux dames et aux membres du comité. Le stade se trouve à la perpendiculaire du futur Stade des Charmilles. Servette brille alors de mille feux avec notamment 5 titres de Champion de Suisse (dont 3 sous la houlette de l’entraîneur anglais Teddy Duckworth), 9 titres consécutifs de Champion Romand et quelques milliers de spectateurs tous les week-ends.
En 1930, lors du retour de Teddy Duckworth à Genève, Servette remporte une nouvelle fois le Championnat de Suisse. Les grenats terminent dans la foulée troisième d’un tournoi international réunissant dix champions nationaux pour l’inauguration du Stade des Charmilles. Le président Paul Addor et le banquier Gustave Hentsch sont à l’origine de ce projet et de son unique tribune “A” qui fait la fierté des sociétaires du club. La magie du lieu fonctionne rapidement, Servette remporte ainsi ses septième, huitième et neuvième titres nationaux en 1933, 1934 et 1940 pour son cinquantenaire. La popularité du club est grandissante parmi toutes les classes de la société.
En 1946, c’est le dixième titre national. Une victoire en Coupe en 1949 et un autre titre en championnat en 1950 pour le soixantième anniversaire du club complètent le tableau de chasse de cette génération exceptionnelle et populaire : « la quintette d’attaque Belli-Facchinetti-Tamini-Pasteur-Fatton ». Servette se porte donc très bien. Les terrains d’entraînement sont désormais au Centre de Balexert et des gradins supplémentaires sont construits aux Charmilles pour faire de ce stade une chaleureuse enceinte de style britannique.
L’entraîneur Karl Rappan les accueille au Servette, mais c’est son successeur Jean Snella qui va reconquérir le titre en 1961 avec leur concours ainsi que celui des Fatton, Barlie, Bosson, Meylan ou Heuri. Le bilan est stupéfiant avec 46 points en 26 matchs et 77 buts marqués pour seulement 29 encaissés. Les ambitions européennes sont donc légitimes la saison suivante (1962). Dans un match fou et grâce à un triplé de Fatton et un but de Robbiani, Servette retourne un score déficitaire de 1-3 et s’impose finalement 4-3 dans les arrêts de jeu aux Charmilles devant 26′000 spectateurs face à Dukla Prague en huitième de final. Mais privé de leurs hongrois au match retour à cause des évènements politiques, Servette s’incline en Tchéquie 2-0 et se retrouve bouté hors de la compétition. Le titre national est quand même conquis une seconde fois consécutive avec brio grâce notamment aux 25 réussites de Jacky Fatton, roi des buteurs pour la troisième fois.
En 1978-79, ce sera La saison de tous les superlatifs : le Servette de l’entraîneur Pazmandy et du président Cohannier arrive à maturité et réalise l’exploit jamais égalé en Suisse de remporter quatre trophées majeurs. En finale de la Coupe de Suisse, un match d’appui est nécessaire pour se défaire des Young Boys. La suprématie des grenats devient même insolente avec les trophées supplémentaires acquis en Coupe de la Ligue et en Coupe des Alpes.
Le semi-échec européen constitue la seule ombre au tableau d’une saison fabuleuse. Après avoir réaliser l’exploit d’éliminer PAOK Salonique et l’AS Nancy de Michel Platini, les Servettiens sont tombés en quart de finale contre les Allemands de Fortuna Düsseldorf sans avoir perdu (0-0 à l’aller puis 1-1 aux Charmilles, but de Hamberg).
Puis c'est la déchéance et les problèmes surviennent de toute part... Il faudra attendre la prise de pouvoir et le sauvetage financier du club par le populaire Paul-Annick Weiller pour fêter le seizième titre national des grenats (1994).
En Décembre 1996, Servette est repris par le groupe français Canal+ suite à la grave maladie du président sortant qui a épongé une nouvelle fois les dettes en passant la main. La progression est constante jusqu’au dix-septième titre de Champion remporté en 1999 sous la direction de l’entraîneur genevois Gérard Castella.
En 2001, ce formidable groupe est une nouvelle fois sacré, en Coupe de Suisse, avec l’ancien milieu de terrain grenat Lucien Favre à la barre.
Dernier grand fait d’arme de l’histoire du vétuste mais bouillant Stade des Charmilles, un parcours européen grandiose en 2001-2002 (éliminations successives de Slavia Prague, Real Saragosse et Hertha Berlin avant de tomber en huitième de finale contre Valence, le futur lauréat de la compétition). Le Stade des Charmilles sera ensuite définitivement abandonné le 8 décembre 2002 après un nul 4-4 arraché contre Young Boys suite un spectaculaire dernier quart d’heure (3 buts !) qui a enflammé le public une dernière fois dans ce lieu magique.
Le déménagement de Servette sur l’autre rive au nouveau Stade de La Praille aurait pu contribuer au sauvetage financier du club –en dillettante depuis plusieurs saisons- mais cela n’a pas suffit : c'est la faillite inévitable de l’équipe professionnelle. Genève se retrouve orphelin de son équipe de première division et Servette doit donc se reconstruire à La Praille et en 1ère ligue, sous la houlette de la direction du secteur amateur et formation.
En prônant rigueur financière, travail, transparence et honnêteté, le club a repris ses quartiers généraux au Centre sportif de Balexert ou s’entraînent, comme par le passé, toutes les équipes du club. Servette obtient dès la première saison sa promotion en Challenge League, grâce notamment à Julian Esteban, le très jeune attaquant prodigieux que toute la suisse s’arrache, et aux anciens Pizzinat, Londono, Barea, Bratic.
Entre 2008 et 2011 et malgré une belle réussite sportive, le virage en Super League coïncide avec le début des problèmes. Les problèmes financiers du club éclatent au grand jour. Le club est à l'agonie, la fin semble inéluctable. Alors, le 8 mars 2012, quelques heures avant que le club soit officiellement déclaré en faillite, Hugh Quennec reprend le club et va s'efforcer à redresser la barre dans un temps record.
Tout se termine bien puisque le sauvetage est assuré, et cerise sur le gâteau, les Servettiens décrochent une place en Europa League. Le club survit, mais les résultats ne suivent plus... et les problèmes financiers recommencent : En effet, le 31 mars 2015, le Servette FC annonce être en cessation de paiements. La situation s’aggrave de semaine en semaine sans qu’une solution financière ne semble émerger. Le coup fatal, pense-t-on alors, est donné par la Swiss Football League qui refuse la licence de jeu au club genevois pour la saison suivante.
C'est alors que relégué administrativement en Promotion League, troisième échelon national, un groupe de genevois, emmené par Didier Fischer, réuni au sein de la fondation 1890, reprend le club dans l’urgence et le sauve de la banqueroute. 12 mois plus tard, les Servettiens remportent le titre de champion de suisse de Promotion League et sont promus en Challenge League. Les Grenat se projettent vers l’avenir tout en n’oubliant pas leur glorieux passé.
Cette saison, 2018/2019, les Grenat seront couronnés champions de Brack.ch Challenge League (La deuxième division du championnat suisse de football) au terme de celui-ci.
Source : servettefc.ch

