Bonjour amis géocacheurs.
A ces coordonnées, vous vous trouvez à l'ancien emplacement d'une ligne de chemin de fer : la ligne 073 000 du réseau ferré national qui reliait Château Thierry à Oulchy - Breny. Cette ligne, construite à voie unique et non électrifiée, a été ouverte par la Compagnie des Chemins de Fer de l'Est le 21 novembre 1885. Aujourd'hui fermée et même déferrée, la partie Sud de Château Thierry a été reconvertie en voie routière afin de contourner la ville. La ligne a été fermée au service le 05 mai 1938 et a été déclassée à partir du 12 novembre 1954.
Mais si cette ligne de chemin de fer a sa petite réputation dans notre secteur, c'est qu'elle a une histoire : Pendant la Première Guerre Mondiale, l'ennemi allemand a utilisé cette innocente voie ferrée initialement prévue pour le transport de marchandises, afin d’amener un canon dans le Bois du Châtelet, le bois qui se trouve derrière l'étang que vous voyez (malheureusement privé).


Tous les gens du village (les Village People), disent que c'était une Grosse Bertha (un certain Walter White dans Breaking Bad lui donne même le nom de Gros Gustave, non mais qu'est ce qu'il raconte cet Heisenberg ?)
Mais même si des cartes postales apportent la "preuve" de la présence de cette Grosse Bertha, c'est en fait est un canon d'un autre type.
La Bertha est un obusier de siège de fort calibre (420 mm) mais de faible portée (environ 9 km).
Le canon monté dans le Bois du Châtelet était en fait un Pariser Kanonen (canon de Paris) ou Wilhelmgeschutze (l'arme de Guillaume).

Les Pariser Kanonen sont sept pièces d'artillerie à très longue portée (près de 120 km) utilisées par l'armée allemande au cours de la Première Guerre Mondiale. Le but était de bombarder Paris, afin de terroriser la population (Bravo à eux, ils ont réussi leur coup d'ailleurs) et de contraindre ainsi le gouvernement français à demander l'Armistice.
Entre le 23 mars et le 9 août 1918, les Pariser Kanonen ont tiré 367 obus sur Paris et les communes de la proche banlieue : 256 personnes furent tuées.
Les Pariser Kanonen étaient fabriqués par les sociétés Krupp (qui fait dans l'acier) et Skoda (heuuu voitures tchèques moches)
Un Pariser Kanone pesait de 750 tonnes, il ne pouvait être déplacé que par voie ferrée, lentement mais sûrement. En position de tir, il devait reposer sur une plate-forme de tir de 4 m d'épaisseur.
Le tube mesurait de 34 à 36 mètres. Il consistait en un assemblage de trois tubes. Pour éviter qu'il ne fléchisse, il était soutenu par un haubanage. Il pesait 175 tonnes. ça devait être lourd à porter. Les obus pesaient plus de 400 kg (avec une charge de 125 à 200 kg d'explosifs). Avec un angle de tir de 55°, l'obus pouvait atteindre un objectif situé à 120 km. Au départ, l'obus avait une vitesse de 1600 m par seconde. L'obus qui pouvait atteindre une altitude de 40 km restait en vol entre trois et quatre minutes.
Le 23 mars 1918, premier jour de tir, 58 obus furent tirés dans la matinée, soit un obus toutes les vingt minutes. Des Parisiens prirent peur de ces bombardements d'origine inconnue. Environ 800 000 personnes quittèrent la capitale (sur 3 millions d'habitants). Le lendemain, le tir reprit. Une deuxième séquence de tir eut lieu du 27 mai au 11 juin 1918. Une troisième séquence les 16 et 17 juillet fut écourtée par le déclenchement de l'offensive des Alliés. Le canon ici présent a vraisemblablement participé à la terreur.
Les canons sont repliés vers l'Allemagne à partir de l'offensive victorieuse des Alliés débutant le 18 juillet 1918.
Les canons et les archives seront détruits volontairement. Une bonne idée ça. Heureusement que la voie ferrée ait été fermée en 1938, ils auraient pu la réutiliser pour la Seconde Guerre.
Une histoire pas très joyeuse mais je l'espère intéressante.
Certains dégoûtants font parfois du dépôt d'ordures sauvages à cet endroit, c'est trop dur d'aller jusqu'à la déchetterie.
J'espère que cela ne gâchera pas votre plaisir de recherche.