Le pont suspendu de la rivière de l'Est est le 18ème monument classé au titre des monuments historiques à La Réunion qui compte au total 187 monuments historiques.
Situé à l’entrée nord de la commune de Sainte-Rose, propriétaire de l’ouvrage d’art, il a été ouvert à la circulation en 1894. La rivière de l'Est, séparant les communes de Sainte-Rose et Saint-Benoît, constituait avant l'établissement du pont un obstacle difficilement franchissable pour la circulation.
Plusieurs tentatives de constructions se succèdent à partir de 1840 mais les variations du niveau de la rivière emportent les ouvrages. Un premier projet de pont suspendu est envisagé en 1862 par l'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées, Pierre-Joseph Bonnin, qui a également dirigé les travaux du port de Saint-Pierre. Les pylônes en maçonnerie sont construits en 1866 (rive droite) et 1889 (rive gauche). Une passerelle suspendue permettait alors le passage des piétons.
En 1891, le projet de pont suspendu de l'ingénieur Ferdinand Arnodin, constructeur à Chateauneuf sur Loire, est retenu. Cet industriel, spécialiste des ponts à câbles, est également l'inventeur des ponts transbordeurs (tel le pont de Rochefort en Charente-Maritime, classé monument historique). Pour franchir la rivière de l'Est, il propose un pont suspendu à 42 m au-dessus du cours d'eau et situé à 3,5 km du rivage. Le tablier long de 147,9 m s'appuie sur les piles déjà construites. Large de 5,3 m le pont permet le passage des véhicules sur une voie charretière de 4,7 m de large, bordée de trottoirs pour les piétons. Les pièces métalliques sont fabriquées dans les ateliers de l'entreprise Arnodin et numérotées, puis acheminées à La Réunion en bateau depuis Le Havre. L'ensemble, suspendu grâce à douze câbles paraboliques et vingt câbles obliques de rigidité, est assemblé sous la direction de Georges Arnodin, fils du constructeur. Le nouveau pont suspendu est inauguré en décembre 1893 et entre en service l'année suivante.
Site touristique majeur, l’actuel pont suspendu de la rivière de l’Est n’est plus utilisé depuis 1979 par les véhicules. Pour répondre aux normes de sécurité, un deuxième pont dédié aux voitures et parallèle au pont suspendu remplace celui-ci".