Jadis, les arbres, par leur longévité et leur port majestueux, suscitaient dans l’esprit de nos ancêtres un sentiment de sacré. Par sa taille et sa majesté, l'arbre inspire une idée de puissance et un sentiment de respect. La perte de son feuillage, suivie de sa régénération annuelle, en fait un symbole parfait du renouveau perpétuel de la vie. Pour diverses raisons, de nombreux arbres ont ainsi été dotés de vertus protectrices et thérapeutiques... Ainsi les croyait-on capable d’aider les hommes à régler leurs problèmes, notamment de santé. De nombreuses coutumes existent : faire le tour de l’arbre, enfoncer des clous pour fixer le mal, nouer des linges ou des tissus pour le lier. Ce culte des arbres a souvent permis la croyance qu'ils abritaient des divinités bienfaisantes capables d’enlever ainsi du corps malade le maléfice causé par un mauvais esprit. Par la suite, les arbres furent souvent christianisés par l’installation d’images pieuses ou d’une chapelle à proximité.

L'arbre à clous d'Ostiches, qui est un hameau au nord de la ville d'Ath, et appelé également 'chêne Saint-Pierre'. Il se trouve sur la route de Flobecq, à côté de reposoir dédié à saint Pierre. L'arbre est un chêne pedonculé, Quercus Robur, dont la circonférence du tronc, mesurée à environ un mètre du sol, est de 186 cm. Les arbres à clous, à loques sont des exemples typiques de la conjugaison de rites païen (l'arbre) et de rites chrétiens (le culte des saints ou le culte marial, le culte lié à la Vierge Marie). Ceci est tout à fait explicite dans le rite suivant: les maux de dents, par exemple, peuvent être guéris si l'on fait trois fois le tour de la chapelle dans le bon sens en récitant un chapelet (rite chrétien) mais auparavant il aura fallu frotter un clou sur la dent douloureuse et le planter dans l'écorce (rite qui relève des pratiques païennes et magiques). Ainsi, l'arbre est censé recevoir le mal, les puissances maléfiques, les puissances diaboliques. L'arbre, c'est encore le lien entre le terrestre (les racines) et le céleste (les cimiers). Les racines, vont transmettre la maladie aux puissances telluriques, juste retour à la Terre, à la Terre-Mère.
A Ostiches, l'histoire est différente par rapport au Robinier Notre Dame de l'Arcompuch de Stambruges ou le Chêne Saint Antoine d'Herchies. L'arbre serait devenu un arbre protecteur en raison de sa proximité directe avec une chapelle dédiée à Saint Pierre. L'Eglise n'a donc pas christianisé un rite payen en y bâtissant une potale ou une chapelle. Il semblerait que l'histoire locale des vertus de l'arbre remonte à à peine soixante ans. Alors que des ouvriers s'affairaient à réaliser la voirie, ceux-ci auraient planté quelques clous dans l'arbre pour y suspendre leurs vêtements et leurs sacs. Les gens ayant vu cela, ont cru que c'était un arbre à clous. L'arbre, dont les vertus remontent donc tout au plus à plus d'un demi-siècle, aurait des spécialisations thérapeutiques telles que soigner les ulcères des jambes, les boutons, les coliques...
Photos: copyright Jean-Pol GRANDMONT.
Textes:
copyright Jean-Luc DUBART - Bons Baisers de Chez Nous, RTBF, VivaCité
copyright Olivier SCHMITZ - Soigner par l'invisible - ed. IMAGO
A visiter également :
Le chêne d'Erbaut : https://coord.info/GC7DJDA - Le chêne à clous
Le robinier de Stambruges : https://coord.info/GC8FFGN - Arbres à clous : Robinier ND de l'Arcompuch