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Arthur Rimbaud Fresques : Tête de faune Traditional Cache

Hidden : 10/5/2020
Difficulty:
1.5 out of 5
Terrain:
1.5 out of 5

Size: Size:   small (small)

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Geocache Description:


Et une de plus. Il y a désormais 13 fresques qui composent le Parcours Rimbaud dans tous les secteurs de la ville ou presque. « Tête de faune » est une ode à la nature vivante, personnifiée par le faune, créature mythologique. L’artiste RUSS a été frappé par l’harmonie avec la nature chantée à travers ce poème, traduisant un thème universel mais aussi profondément actuel, à l’heure où l’écologie et le retour à la nature sont des préoccupations majeures. La composition de la peinture murale, avec son mouvement ascendant, retrace le regard porté sur la nature vue du sol au ciel : la feuillée, les fleurs, les branchages, le faune semblable à un écureuil, l’oiseau.

Ce poème non daté est constitué de trois quatrains de décasyllabes, une concession faite à Verlaine. Il est d'inspiration parnassienne, faisant appel aux fleurs et aux références mythologiques. Rimbaud fait resurgir quelques instants dans notre imaginaire la mythologie romaine des divinités champêtres de faunes souvent confondues avec les satyres grecs et nous donne de Verlaine une image de silène, un Socrate laid, sorte de vieillard champêtre impudent.

1-L'expression des sentiments devant la nature
Rimbaud met ici en pratique la confidence faite à son ami Delahaye, celle d'un poète à l'écoute de ses sens "Nous avons à ouvrir nos sens à la sensation, puis fixer avec des mots ce qu'ils ont reçu et (...) notre unique soin doit être d'entendre, de voir et de noter. Ce sont bien les sens du poète qui font écho à la nature. Comme le peintre pose son chevalet au meilleur endroit, notre poète s'est immobilisé dans la feuillée, une sorte d'abri de feuillage qui laisse traverser quelques rayons du soleil. Pour le poète c'est un moment de communion avec la nature, en levant les yeux il voit des constellations, découvre le ciel, domaine des dieux, des muses, des poètes. L'espace par le jeu vertical s'agrandit. Mais la forêt a ses dangers, l'obscurité, l'isolement, le manque d'orientation donne une image peu sure, incertaine au promeneur qui oserait s'y aventurer. On y observe quelques fleurs chères aux parnassiens qui tapissent le sol comme une exquise broderie de fleurs splendides malgré le peu de clarté. L'endroit est toutefois propice aux passions, passion amoureuse pour une femme, pour la nature que Rimbaud divinisait dans "Soleil et chair" sous les traits de Vénus. Et comme il ne saurait y avoir de passion sans le rituel affectif du baiser, Rimbaud nous laisse dans l'imprécision, le baiser dort comprenne qui pourra, s'agit-il d'un désir inassouvi, dormant ou d'un plaisir qui s'éternise comme dormant sur cette exquise végétation.

2-Une apparition surnaturelle
La solitude de cette forêt, sa beauté fait rêver notre poète, dans cet état de demi-veille, il voit un être mi fantastique mi divin, un faune, sorte de créature malicieuse qui peuple les forêts. Pour les grecs et les romains, tous les éléments naturels déchaînés, la foudre, la tempête, les tremblements de terre, ne sont que la colère des dieux. La nature est peuplée de divinités masculines et féminines, des faunes ou satyres chez les grecs, des nymphes qui peuplent les étangs, les bois, les arbres, les forêts, qu'il ne faut pas mettre en colère. Avant de traverser une rivière ou une forêt il faut faire des offrandes et accomplir certains rites. Le faune est une divinité à corne de bouc, qui tire son origine du satyre grec et des égipans (chèvre-pan), des petits hommes velus à cornes et pieds de chèvre, sorte de diablotins sautant sur les rochers, la frayeur des bergers. Les satyres, comme les égipans sont des créatures malicieuses, se cachant derrière les arbres, surgissant inopinément pour effrayer les nymphes et les poursuivre en riant de leur effroi. Un faune effaré apparaît soudain, effaré ayant pour Rimbaud une connotation d'émerveillement que l'on retrouve dans son poème "Les effarés" dans lequel cinq enfants transis de froid sont assis devant le soupirail d'un fournil et regardent, émerveillés, le boulanger faire son pain. Notre faune mord à pleines dents les fleurs rouges, les seules fleurs couleur de la passion, comme le poète vit intensément sa passion amoureuse avec la nature. Le faune est surpris de voir notre poète dans cette situation amoureuse et continue à se nourrir, prend même du plaisir à observer la scène. On retrouve la même ironie chez Horace, ou Hugo, pour lesquels le satyre est un impudent champêtre, nu, impudique. Le faune ne respecte pas la pudeur devant la passion du poète. Horace se joue et tourmente le satyre. Lorsque le calme revient, que le faune disparaît, que le rêve prend fin, le poète se recueille et continue éveillé sa passion, le jeu de mots entrevu avec le baiser dort qui manque de signification devient le baiser d'or, le baiser d'une passion immortelle.

3 Un portrait de Verlaine
Verlaine à n'en pas douter se sera reconnu en recopiant ce poème dans le faune-satyre de son ami Rimbaud. Le crâne nu et cuivré, bossué comme un vieux chaudron, le regard farouche, Verlaine a pour beaucoup cette ressemblance comme Socrate avec le silène, nom que l'on donne par antonomase aux satyres grecs et aux faunes romains. Le faune-satyre est un être à demi brute, à demi-dieu, qui effraye comme une force naturelle car il n'est soumis à aucune loi connue et tel est bien Verlaine sous les traits de ce faune. La présence de Verlaine, pour indirecte qu'elle soit est bien réelle, le paysage état d'âme, les rêves éveillés, cette poésie de lever du jour, cette chanson triste ou l'indécis se joint au précis sont des constantes chez Verlaine. Indécis, tel nous apparaît le climat de cette forêt dans le clair obscur du feuillage dont les seuls occupants sont un bouvreuil qui apparaissait déjà dans "Soleil et chair" nichant au fronton des temples grecs et un écureuil, curieuse analogie de la terminaison phonétique "œil" qui donne les quatre rimes du dernier quatrain. Les bruits et le mouvement entrent dans le poème pour dire la vie du poète, une vie qu'il ne peut dire directement, celle de l'enfance, du merveilleux, des personnages fantastiques. Au cœur de la forêt, la feuillée, cet écrin de verdure, c'est un peu son berceau, cela lui rappelle la cabane de la jeunesse, le baiser maternel, les contes fantastiques, les légendes, le ciel qu'on découvre à travers le feuillage c'est le paradis. On se comprend toujours soi-même dans son individualité à travers les rêves, les mythes et les contes merveilleux. Poésie à quatre mains, c'est probable, tellement est forte la présence et l'influence de Verlaine, de son art poétique, d'un poème spontané, sans intervention de l'intelligence, sans choix, d'un poète qui écoute, et note quoi que ce soit, sans syntaxe. Le poète entend, regarde, note et on regarde sa poésie comme un tableau au langage universel.

Conclusion
"Tête de Faune ", c'est Verlaine qui apparaît dans ce poème sous les traits d'un faune satyre mi-homme mi bête et farouche. Verlaine a fortement influencé ce poème en décasyllabes, il en donne la méthode, faire parler la nature à sa place pour n'apparaître qu'écho plutôt qu'acteur. Les procédés indirects sont toujours utilisés par la plupart des poètes pour nous décrire leurs passions, leurs rêves, leurs évasions, leur vie pour notre plus grand plaisir.

Additional Hints (Decrypt)

Yr crgvg cbgrnh "Fnhs Unaqvpncéf"

Decryption Key

A|B|C|D|E|F|G|H|I|J|K|L|M
-------------------------
N|O|P|Q|R|S|T|U|V|W|X|Y|Z

(letter above equals below, and vice versa)