1854 : le calvaire du choléra

PATRIMOINE DE SEUIL D’ARGONNE - MERCI DE RESPECTER LES LIEUX
Le choléra est une maladie humaine, qui se manifeste par des diarrhées gravissimes entraînant une déshydratation rapide, souvent mortelle en l'absence de traitement. Elle se transmet par voie digestive en étant provoquée par l'ingestion de Vibrio cholerae, une bactérie présente dans les eaux souillées ou les aliments touchés par des mains sales.
Au XIXème siècle, la France est fortement touchée par la deuxième pandémie (1829-1837) et par la troisième pandémie (1840-1860). L’année 1854 est particulièrement meurtrière, et le Grand Est connaît alors une importante surmortalité entre juillet et septembre 1854. Les politiques hygiénistes de la fin du XIXème siècle et du XXème siècle viendront progressivement à bout des grandes pandémies de Choléra, même si des foyers endémiques se déclarent encore dans le monde (Haïti, 2010).
Dans une société encore très pieuse, de nombreux monuments sont érigés, en mémoire des victimes du choléra, ou pour remercier Dieu d’avoir épargné la population (ex-voto).
Faute de documentation supplémentaire, je n’ai pas réussi à dater précisément le calvaire, qui fait référence explicite à la pandémie de Choléra de 1854 et porte en exergue un extrait du psaume 38 (Ps : LXXXIII) :
Protector noster aspice, Deus,
et respice in faciem Christi tui:
quia melior est dies una in atriis tuis
super milia.
Dieu notre protecteur, jetez un regard,
et posez le regard sur la face de votre Christ :
car meilleur est un seul jour en vos parvis,
plus que des milliers d’autres.
Prenons le temps d’observer le monument, de haut en bas. Au sommet, le calvaire est orné d’une représentation du Christ en croix, rayonnant.
Dans le registre haut, on distingue une étoile à 6 branches, représentant l’étoile qui mena les rois mages à Bethléem, mais aussi, d’une manière plus symbolique le Chrisme, issu de l’iconographie du christianisme primitif.

Enfin, au registre inférieur, on aperçoit une croix à deux traverses, qui peut être confondue avec la croix de lorraine, symbole des ducs de Lorraine à partir de 1431. Il s’agit en fait d’une croix patriarcale (ou croix archiépiscopale), emblème épiscopal des premières provinces ecclésiastiques. Sa présence sur le monument suggère peut-être une participation financière de l’évêché ou de l’archevêché à l’érection du calvaire.